Archives pour juillet 2005

31 juillet 2005
Mister X.

Faut pas tirer sur l’ambulance qu’on dit…

… mais c’est tellement bon.

Une phrase piquée dans “Elle” : L’électricité sexuelle dégagée par Angelina Jolie et Brad Pitt dans ce film aurait suffi à éclairer la lampe de chevet de Jennifer Aniston pour les 50 ans à venir.

Rhoooooooo, méchante Queen Elizabeth, je t’adore toi (même si le film est nase quand même, faut pas charrier). Et pour en remettre une couche, une jolie photo gourdasse-niaise de l’intéressée :

Et oui, fini le temps où le monde tournait autour de ta coupe de cheveux, Jen. La surlippue t’as coiffée (ha ha ha) au poteau, t’as plus qu’à refaire une pub pour Elsève maintenant. Life is a bitch, really.

Miss Dior

La première exposition des oeuvres de Mme Pipen

Andrew est trop modeste pour vous le dire, mais je passais près de la galerie d’une de mes amies dans un très bon quartier, et je suis restée pétrifiée par des œuvres d’une certaine originalité.

Cela me disait vaguement quelque chose, et je suis donc rentrée me renseigner plus avant. Quelle surprise quand j’ai lu le nom de l’artiste !! Mme Pipen en personne, la maman de mon ami cinéaste Andrew !!!

Evidemment, cela ressemblait trop à la série « Horloge » de l’année dernière avec cette même utilisation habile et recherchée du carton ondulé, mais là je crois qu’elle a vraiment innové et que son regard sur le monde a de quoi nous ravir.

Un petit extrait du catalogue…

Le sujet du travail de Mme Pipen sort un peu des chemins battus du domaine traditionnel de l’architecture d’intérieur. La démarche de projet s’inscrit toutefois en droite file dans la problématique de cette discipline : relation forme-fonction, rapport à l’espace, thème du mobilier, réflexion sur l’usage des matériaux en relation avec les formes et les fonctions. De plus, la réflexion s’enrichit aussi de l’étroite relation avec l’entreprise à but humanitaire destinatrice du projet de cartonnage ondulé : La Zonzon-Foundation.

Merveilleuse femme ! Il faut que j’en fasse mon amie !!!

Voilà un petit cliché de ses dernières pièces :

Amok

La chienne de la discorde

Aimons-nous vivants
N’attendons pas que la mort nous trouve du talent
Aimons-nous vivants
S’il faut danser, je veux danser maintenant
Aimons-nous vivants

Aimons-nous debout
Faisons la paix, faisons l’amour entre nous
Aimons-nous surtout
Pour ne plus jamais, jamais vivre à genoux
Aimons-nous vivants

Andrew Pipen

Sommes-nous réellement près de l’Australie ?

Journal de Rachel Pipen
Jour 6, le soir.

J’ai déjà sauté une journée dans mon journal, c’est pas bien !
Après avoir dormi jusqu’au beau milieu de la journée, Michelle Tara et moi, les 3 drôles de Dames de cette îles nous sommes réveillées la tête dans le cul. A peine le temps de se relever qu’ils nous en tombe deux sur la tête : Tout d’abord la soeur hystérique était en train de nous observer, accroupie, comme si elle allait nous chier un cake. Elle attendait visiblement notre réveil. Ensuite mon premier réflexe fut de regarder au plafond : les guirlandes avaient disparues, ainsi que le couloir sans fin de la caverne ! Il y avait maintenant une jolie paroi très cavernante, pour qu’on comprenne bien que cette endroit était tout ce qu’il y a de plus normal. Idem pour la prise électrique, aucune trace d’elle nulle part. Nous avons demandé à Soeur Marie-Virginia, mais elle ne semblait être au courant de rien. Tara était désespérée de ne pouvoir remettre son brushing en place, et Michelle aurait bien aimé faire un petit numéro de cirque avec Zaza… D’autant qu’elles n’entendaient plus non plus les bruits des tamtam !
Après concertation et chauve-souris grillée, nous avons décidé de continuer dans la direction de la veille. La soeur a décidé de nous accompagner, le chapelet à la main, visiblement elle reprenait du poil de la bête en notre compagnie. C’est ainsi que nous, les trois drôles de Dames plus une, qu’au bout de deux heures de marche en pleine forêt, avons retrouvé les restes encore fumant d’un campement. Michelle a essayé de transformer Zaza en Lassie chien fidèle, histoire qu’elle sente la piste des campeurs, mais tout ce qu’elle a obtenu, c’est une chienne hystérique qui s’est mise à faire ses cabrioles au dessus du feu. Ça va bien cinq minutes, mais ça fait pas avancer le schmilblick. Heureusement Tara a repéré des traces de pas dans le sol, que nous avons suivi. J’avais l’impression de reconnaître le chemin, mais après tout, qu’est ce qui ressemble plus à une jungle que la même jungle un peu plus tard ?
Ben sauf que j’avais bien raison, et je m’en suis rendue compte lorsque nous avons aperçu l’entrée de la caverne au loin. Nous avions suivi les traces de nos propres pas. Un grand moment de lassitude s’est emparé de moi, et j’ai craqué. Je me suis mise à pleurer comme une enfant, ne pouvant m’arrêter. Je sanglotais, la pression de ces quelques jours ne pouvant plus être contenue par une prétendue force de caractère que je m’efforçais de montrer. Zaza est venu me lécher le nez, mais même son haleine ne m’a pas repoussée. Ne sachant trop que faire, Tara et Michelle ont essayé de me réconforter, tandis que Mary-Virginia s’est lancée dans une litanie incompréhensible. Je ne sais pas combien de temps tout cela à duré, mais le jour commençait à disparaître quand la caverne s’est de nouveau illuminée.
Cela m’a fait comme un coup d’adrénaline, je me suis mise à courir et courir encore pour voir qui avait allumé la putain guirlande de Noël. C’est à l’entrée de la grotte que je l’ai vu. Trop absorbé par ce qu’il était en train de faire, (il déchargeait un sac, visiblement) il ne s’est rendu compte de ma présence qu’après m’avoir entendue tousser, je ne retrouvais pas ma respiration. Il s’est retourné, m’est apparu dans toute sa splendeur. Le Père Noël. Le vrai. Avec ses bottes noires, son manteau rouge et sa barbe blanche, il vidait son sac tandis qu’une ribambelle de petits elfes s’afféraient pour tout ramasser. Ils étaient particulièrement bien organisés, un chaîne le long de la paroi transportait tout les paquets vers une destination que je ne pouvais apercevoir à l’oeil nu.
Toute essoufflée que j’étais par ma course, je suis à peine arrivée à balbutier un “qu’est ce que vous faites ici”, avant que le Père Noël et les elfes ne hurlent de peur, qu’ils reculent de quelques pas, et qu’ils prononcent une espèce d’incantation qui fit tomber un mur juste devant eux, bouchant le couloir et rendant la caverne de nouveau banale.
J’ai hurlé pour qu’ils reviennent et nous aident, mais le silence était complet, tout du moins jusqu’à ce que Tara et Michelle arrivent. Je leur ai raconté tout mon histoire, mais elles n’ont pas semblé vouloir me croire. Elles ont vaguement aperçu les guirlandes clignoter, mais avec ma crise de larmes quelques minutes auparavant, elles ont dû se dire que j’avais tout imaginé. Je commençais à devenir hystérique et à hurler au Père Noël, elles ont donc décider de me ramener au camp pour la nuit.
J’étais tellement fatiguée, je me suis endormie sans rien manger, et ce n’est qu’à midi le lendemain que je me suis réveillée pour trouver un bol de soupe près de ma couche. Je suppose que c’est Kim qui me l’a préparé. Je n’ai pas fait grand chose de la journée, j’ai voulu me changer les idées en jouant avec Zaza, mais je continuais de penser au Père Noël. Michelle a été très gentille et patiente avec moi, mais je pense que j’ai fait flipper Tara, elle semble m’éviter. Les autres du campement me regardent bizarrement aussi, comme si j’avais vu… bon OK, ils ont pas tord.
En attendant c’est décidé, il est hors de question que j’attende le mois de décembre avant de retrouver ce gros lard.

30 juillet 2005
Amok

Scarifie-moi tendrement

Journal de Michelle Lockridge
Jour 6

Hummm je me sens chienne aujourd’hui. Lassive et docile à souhait.

M. Fox

Décalage horaire

Ce sont les Erinyes, Oreste, les déesses du remords.

Andrew Pipen

Scoop exclusif : Tous les acteurs de la Petite Maison dans la prairie n’ont pas disparus !!!

Vous vous rappelez d’Almonzo, le mec de Laura qui a accident et termine dans un fauteuil, puis qui remarche à nouveau à la fin de la série ? Et ben Dean Butler, l’acteur, n’est autre que… Hank Summers le père de Buffy !!!
Dingue, non ? Et dire que cet homme culte était sous nos yeux tout ce temps, et que personne ne s’en était aperçu jusque là !

Amok

Si tu vas là-bas, un jour tu verras…

Journal de Nadiève Locklear-Frye
Jour 5, milieu de la night

J’écris après avoir marché quelques heures dans la jungle. Le noise des bongos semble s’éloigner de plus en plus. Je suis sur la beach, avec le plane tout bousillé. Il y a un fire avec des people qui dorment autour, je n’arrive pas bien à voir combien ils sont. L’odeur est épouvantable, c’est de l’osso-bucco j’en suis sûre, c’est le plat qui m’a rendue végétarienne, ma mère en a fait un jour, j’ai soulevé le couvercle et ohhhh, y avait plein de bones qui flottaient, c’était awful. Personne ne me forcera à eat une chèvre ou agouti, no way!!!. Bon je vais aller sleep près des survivors, demain est un autre day. Bye diary, see ya soon.

Madame Lucifer

La petite perverse !

Journal de Kim Cum Suk
5ème nuit

Mon cher journal, je n’ai pas ecrit recemment car les évènements se sont enchainés un peu vite… Je ne sais pas comment mais les autres filles ont tout de suite su que j’étais responsable de l’osso-bucco de rat-musqué, et l’une d’entre elles est rentrée dans une crise de nerfs incoyable que je n’ai pas saisie. Il me semble avoir compris que ces occidentales ont pour habitude de prendre ce genre de nuisibles pour animaux de compagnie ; pour ma part je pense que cette pauvre fille souffrait d’un stress post-traumatique ; elle s’est d’ailleurs trouvé un autre ragondin identique au premier comme palliatif, bref…
Heureusement Lee était parti cueuillir des baies dans la jungle, je crois qu’il ne se doute de rien, il faut encore qu’il me croie incapable de cuisiner ou alors…

Séoul, corée, un soir 19h30

“- chéri tu es rentré du bureau ?
- oui mamour !
- as tu gagné beaucoup d’argent aujourd’hui à la bourse ?
- oui ! 4.815.162.342 dollars ! nous allons pouvoir enfin faire ce tour du monde dont nous rêvions !!!
- Oh mon canard laqué, comme je t’aime !
- Mais, mon petit lychee au sirop, que fais tu là ???
- Oh je t’ai préparé un tartare à la florentine, tu m’en diras des nouvelles !
##SLAP## (Kim à terre, du sang s’ecoulant par petit jets vigoureux de son arcade sourcillière droite)
- Salope ! Je t’ai dit que jamais tu ne toucheras plus à un ustensile de cuisine
- Mais pourquoi !!! “
…. …. ….

Voyant ma détresse une des filles du “groupe” a finalement décidé de faire le premier pas et nous avons sympathisé, elle a même proposé de m’aider à planter un potager ou a préparer à manger avec moi discrètement quand l’autre chauve bizarre reviendra de la chasse au singe… Tara donc m’a présenté sa fille… La petite Tam s’est montrée très chaleureuse avec moi, elle est venue me chercher pour que je dorme près d’elle. Suite aux evenements de la nuit précédente, j’allais pas refuser, d’autant que Lee se montre très distant avec moi… Mon cher journal je t’ecris pour te confier des doutes qui m’assaillent… je me suis réveillée car je sentais des mains sur mon corps pendant mon sommeil, je soupconne la petite Tam… que faire ?

29 juillet 2005
Amok

Je suis si loin de vous

Journal de Nadiève Locklear-Frye
Jour 5 (plus ou moins, je suis encore dans le dark)

Cela fait trois heures que j’ai repris connaissance. Je me trouve allongée sur une plage magnifique, entourée de rocks gigantesques. Ouah il sont vraiment huge, j’aime ce qui est huge. Je vois à ma droite les platform-shoes en liège que j’aimais tant, elles en ont pris un sacré coup, fuck, c’étaient mes préférées. Sur ma gauche, des tupperware remplis de food, sûrement ceux que mon amie Michelle avait conscencieusement préparés pour Zaza, son petit chien so cute. J’étais assise à côté d’elle pendant le trip, on avait parlé de nos lifes, de nos occupations, tout cela me paraît si dérisoire now. Je devais à aller à Sidney pour répeter la choré du nouveau clip de Kylie Minogue, Should Have Got You Out Off My Breast (Earlier), mais la destiny semble en avoir décidé autrement. Je vais prendre ces boîtes dans ce qui reste de mon sac, peut-être que le sel de la mer a conservé la nourriture, les guys ils faisaient comme ça avant que les fridges ils existent. Allez, je te laisse cher journal, faut que j’essaye de rejoindre l’endroit où l’avion s’est crashé. Pourvu qu’il n’y ait pas trop de cadavres, I hate gore movies, et qu’il reste des survivants, à défaut de danser avec Kylie, je pourrai répeter avec eux, histoire de faire go on le show.

Madame Lucifer

I feel kind of excited

La reconnaîtrez-vous avec…

ses bottines roses…
ses gants blancs
ses boulettes de cheveux…
son gros noeuds rose…
son sceptre magique…
ses attaques foudroyantes…

Et puis jamais très loin d’elle…

le chat…
la méchante…

Et le prince qui est censé être beau…

Mais oui ! C’est elle ! J’en mouille d’envie ! Je veux le même costûme qu’elle !



OH MERCI MERCI ANDREW !!!

Amok

Dans ton cul !

Journal de Michelle Lockridge
Jour 5

Ces derniers jours ont été très éprouvants. J’ai guetté en vain Denis Brogniart pour un éventuel jeu de confort, mais que dalle. Une dèche pas possible. J’ai aussi failli avoir une crise cardiaque quand j’ai cru que l’asiat de service avait fait un méchoui de ma Zaza chérie - acte totalement gratuit et denué de sens vu que nous avons largement de quoi nous nourrir sur cette île et qu’elle m’avait bien vu préparer un gratin de bigorneaux aux algues pour le soir. Anyway, Pasolini, whatever. Je me souviens avoir défailli en voyant le petit ruban rose dans mon assiette ; quelle horreur, j’ai bien cru que j’avais grignoté une patte de mon petit bébé. Heureusement tout est rentré dans l’ordre par la suite, grâce à Rachel qui a retrouvé Zaza dans la jungle. Je suis certaine que tout ceci n’était qu’une mystification pour me déstabiliser et me faire vaciller de mon socle. Mais comme Britney je serai stronger forever et rien ne pourra m’abattre ! Du coup je suis toujours sur mes gardes et je surveille constamment cette espèce de chinoise zarbi qui nous regarde à longueur de journée les yeux écarquillés, tel un lapin dans les phares d’une BMW décapotable.
La nuit dernière, nous sommes partis en expédition dans la jungle. Sur le chemin, j’étais trop jouasse ma race, car j’ai trouvé une valise pleine de fringues. Passée la première déception - il n’y avait que des sous-marques, je fus prise d’une immense bouffée de bonheur à l’idée de pouvoir me saper un minimum correctement. Youpla boum. Et puis il y a eu cet enchaînement d’événements improbables. D’abord je suis certaine d’avoir vu passer une créature en habits de religieuse qui psalmodiait des trucs pas très clairs, et qui a disparu dans un éclair éblouissant. Tara et Rachel qui m’accompagnaient n’ont rien vu, et ont l’air depuis cet épisode de se poser des questions sur ma sanité mentale. Mais pourtant je sais bien ce que j’ai vu ! Je ne suis pas folle ! Et je sais que ma petite Zaza me comprend, elle. Je lis dans ses yeux tellement de tendresse et d’amour que cela m’aide à ne pas sombrer dans le désespoir.
Il y eut ensuite la découverte de cette grotte dont le plafond était orné de guirlandes de Noël. J’en suis tombée le cul sur la théière. C’était tellement beau et onirique que Rachel avait les tétons tout durs et que Tara avait une tornade dans le slip d’avoir trouvé une prise électrique pour son sèche-cheveux. Quand à Zaza, elle enchaînait les triples axels boucles piquées à une vitesse ahurissante. C’est à ce moment-là que j’ai entendu les grelots. Ils resonnaient par centaines. Et je suis persuadée que tout ça est un coup des brocolis. Depuis le vol de l’accélérateur de particules à neutrons dans l’ex-URSS, tout va de traviole dans l’hémisphère. Ce qui expliquerait les électrolyses ratées et ma coupe de cheveux bizarre, les cations et les anions, le ping et le pong, tout ça quoi. Quelque chose me dit qu’avec cette caverne nous venons de découvrir un trésor caché de l’humanité, à mi-chemin entre la grotte du Père Noël et l’invention de la friteuse.
Nous sommes reparties toutes très circomspectes, le poing levé vers l’avenir. Tara n’arrête pas de parler d’une faille spatio-temporelle jetable à sens unique. Pour ma part, je pencherai plutôt pour un spectre chromatique triphasé en silicone. L’avenir nous dira qui a raison. Autre enjeu du jour : j’ai une terrible envie de sucer, et je pense aller faire du cul au gendarme. Il n’a plus qu’une seule main, mais il a vraiment une tête de grosse bite. La petite Tam l’a bien noté elle aussi d’ailleurs. Son regard de petite vicieuse lubrique l’a trahie… Le mystère s’épaissit, mes cheveux sont cassants et mes pointes sèches. Et toujours aucune nouvelle de l’osso bucco

Madame Lucifer

Jingle Bells et recollage de morceaux (again)

Journal de Tara S. Van Eekay
Jour 5, à l’aube

J’écris ces quelques lignes avant que Michelle et Rachel ne se réveillent, car il y a tellement de chose à raconter que je ne sais pas si j’aurais le temps de tout te dire, mon petit journal adoré.
The thing is que je n’ai pas pu attendre, il fallait que je sache. Ces bruits de tamtam devenaient de plus en plus pressants. Et je n’étais pas la seule à m’en inquieter. Michelle n’arrivait pas non plus à dormir, aussi m’a-t-elle proposé de m’accompagner. Elle a voulu me raconter une histoire sordide de chien dans le ragoût et de noeuds rose. J’ai préféré lacher l’affaire, mais je n’aurais pas voulu partir toute seule, de nuit, avec une clebard-freak, j’ai donc cherché Tam qui est restée totalement introuvable - je veux bien qu’elle ait besoin de faire du sport, mais à deux heures du matin c’est tout de même un peu abusé, il faudra que j’ai avec elle une franche conversation quand nous serons de retour. Finalement, j’ai donc réveillé Rachel qui semblait plus que moins favorable à l’entreprise. Je lui ai ressorti le speech minable qu’elle nous a fait la veille pour nous convaincre de nous serrer les coudes - je pense qu’elle est communiste - et elle a fini par céder.
Nous sommes donc parties dans la jungle. Tandis que nous suivions la piste des bongos nous avons entendu tout un tas de choses bizarres, à un moment j’ai cru entendre un bataillon de poules jaqueter au loin. Et après une bonne heure de marche, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir qu’un yorkshire pouvait sauter jusqu’à deux mètres de haut ! Je ne sais pas comment Michelle a dressé son clebs - probablement aux hormones bovines - mais j’étais finalement contente qu’elle l’ai emmené en cachette avec nous. Et puis nous avons découvert quelque chose de miraculeux : une prise électrique !!! Je me suis dépechée de brancher mon sèche cheveux - je l’avais pris au cas où - mais il n’y avait pas de courant. Après avoir trouvé l’interrupteur tout s’est déclenché… c’était si beau à voir… un vent chaud soufflait dans mes cheveux et devant mes yeux s’entrouvrait une sorte de caverne de Noël enchantée tandis que “Zaza” sautillait de joie en faisant des bonds prodigieux contre les parois. C’est un spectacle que l’on n’a pas l’occasion de voir tous les jours, et qui m’a toute retournée.
En tous cas, cette caverne de Noel, c’était du travail de pro ! Je suis restée ébahie devant l’amoncellement des couleurs et la luminosité fine des ampoules. Quelque soient les indigènes locaux - qui manifestement peuplent cette île - ils ont un artisanat au top ! J’ajouterai de plus que de tels artistes électrogènes ne peuvent être foncièrement mauvais.

yorkshirenoel.jpg

Oh, et sinon ça n’a rien à voir et c’est tellement idiot que j’ai falli ne pas le mentionner: nous sommes tombées par hasard sur ce qui ressemblait à une faille spatio-temporelle jetable à sens unique, mais elle semblait avoir déjà servi. C’est dommage !

Note de Madame Lucifer, lectrice de Tara : après analyse des cahiers de Tara S. Van Eekay et de Mary-Virginia Lane, il semblerait que cette faille spatio-temporelle jetable à sens unique ait permis à Soeur Marie-Madeleine de la Très Sainte Agonie du Christ de disparaître au jour 5 pour réapparaître au jour 2 ou 3 (inconnu dans le journal de Tara) et de mourir au jour 4. C’est sans aucun doute aussi dans ce voyage interdimensionnel que nous pouvons chercher la cause de sa combustion spontanée.

Barnabé Neige

Le Seigneur guidera mes pas avec une guirlande de Noël

Journal de Mary-Virginia Lane
Jour 5, à l’aube

Seigneur j’ai cru y rester !

Le parachutage s’était bien déroulé pourtant. Le Pilote avait pris le temps d’harnacher l’ensemble de ses passagères, c’est-à-dire les dix-huit religieuses membres de la Spears et moi-même, l’unique laïque. Puis à grands coups de « Go ! go ! go ! » hurlés dans nos oreilles, il nous avait fait sauter avant de nous suivre.

Je pense qu’une grande partie des soeurs a pu comme moi atterrir sur l’île. Par contre, j’ai bien vu que le pilote tombait dans la mer, assez loin du rivage…



Je suis tombée en pleine jungle, il y a des bruits bizarres et l’endroit n’est pas très hospitalier.

J’ai retrouvé trois des dix-huit soeurs. Elles semblent toutes être très traumatisées par notre accident d’avion, elles agissent étrangement. L’une d’elles en particulier, soeur Marie-Madeleine de la Très Sainte Agonie du Christ, a utilisé les restes de son voile pour se nouer un bandeau autour du front. Et elle a disparu dans la forêt en courant après ce qui ressemblait à un grand singe… J’espère que nous la reverrons.

Quant à moi, j’essaie de calmer aux mieux les deux autres soeurs, mais elles sont un peu violentes : elles se mordent l’une l’autre…



Cette nuit, quelqu’un s’est amusé à jouer du tam-tam pendant des heures… Sûrement un survivant du crash ! Tant mieux, je n’aurais pas fait tout cela pour rien… J’ai aussi entrevu au milieu des arbres des signaux lumineux multicolores qui m’ont fait penser à des guirlandes électriques, nous les avons suivi tant que nos pieds ont pu nous porter, mais la fatigue nous a obligé à nous arrêter avant de trouver leur origine.

Et ce matin, je constate que les deux soeurs qui m’accompagnaient ont disparu elles aussi. Cela m’inquiète, ce n’est pas très chrétien de dire çà, mais ces religieuses me font peur…

Après ma prière, je vais repartir pour tenter de trouver l’origine des signaux lumineux.

Andrew Pipen

Quelqu’un a fêté Noël sur cette île

Journal de Rachel Pipen
Jour 4, en pleine nuit.

Je sais pas ce qui lui a pris, mais Tara m’a réveillée en pleine nuit pour que je l’accompagne dans la jungle. Elle pensait qu’en voyageant de nuit nous serions plus discrètes, ce qui est le cas, mais pour se repérer dans la jungle pas évident dans l’obscurité. Heureusement la lune est pleine et éclaire bien notre périple, et nous avons trouvé quelques lampes-torches dans les décombres pour mieux y voir. Après sa journée comateuse (littéralement) Michelle n’arrivait plus à dormir, elle nous a donc accompagnées, Zaza coincée dans son sac à dos. Avec Tara on n’était pas sûres que cela soit une bonne idée, mais on était encore moins sûres de sa réaction si on suggérait de laisser le chien sur place. Tara voulait également emmener sa fille avec elle, mais n’arrivait pas à la trouver, en fait Tam était en train de s’occuper du gendarme. Sa mère vit dans le déni complet, c’est triste…
Nous avons donc marché pendant une bonne heure en nous dirigeant vers le coeur de la forêt, Michelle et Tara entendaient toutes les deux le son de bongos au loin. Moi j’avais beau faire attention, je n’entendais strictement rien. Je les crois bien entendu, mais je ne m’explique pas pourquoi ni comment une musique peu être “filtrée” par certaines oreilles… Je n’ai aucun problème d’audition pourtant!
Après une heure et demi de marche, nous sommes tombées sur une grotte, d’où j’écris actuellement. Cette grotte non plus n’est pas naturelle. Des chauve-souris nous ont attaqué dès notre entrée, mais Zaza, la chienne de Michelle qui nous semblait pourtant inutile dans ce voyage ( la chienne, pas Michelle), a sauté de son sac et s’est révélée être une chasseresse fantastique. Elle bondissait comme un cabri et les choppait à pleine gueule. Nous avons donc pu faire un méchoui, et en garder une demi-douzaine pour plus tard ou pour les autres filles restées au campement.
Avec Tara nous avons été vivement impressionnées par Zaza, tandis que Michelle nous racontait joyeusement comment sa chienne une fois avait arraché le bras d’un maghrébin qui avait essayé de lui piqué son sac à Paris. Cette chienne non plus n’est pas normale… je réalise que cette asiat a finalement eut du bol de ne pas essayer de la faire cuire, Dieu sait ce qui lui serait arrivé. Et maintenant que j’y pense, quand je l’ai retrouvée un peu plus tôt dans la journée, la petite bête tremblait de tout son long et semblait traumatisée. Cela ne pouvait pas être un singe, il ne lui ferait pas peur, mais alors qu’est ce qui a bien pu effrayer Zaza ?
J’étais perdue dans mes réflexions lorsque j’entendis Tara hurler. Je saisis mon manche d’avion prête à me défendre, mais en réalité elle sautait de joie, visiblement excitée par une découverte. Je me suis approchée et aperçus… une prise électrique. Installée dans la roche. Michelle et moi nous regardâmes, incrédules, mais Tara était déjà en train de sortir son sèche-cheveux de son sac (don’t ask) pour le brancher et le tester. Malheureusement, rien ne se passa. Visiblement déçue, elle suggéra l’idée d’un interrupteur qui “allumait” la caverne, interrupteur qu’elle s’empressa de chercher à tâtons. Par esprit de solidarité Michelle et mois tâtâmes également, et qu’elle ne fut pas notre surprise lorsque qu’une pierre se déroba sous la main de Michelle et activa une espèce de disjoncteur. La caverne s’illumina soudainement, tandis que le séchoir se mit en route, remplissant le lieu d’un vacarme assourdissant qui résonnait contre les parois.
Tara éteignit enfin son engin, et c’est en nous relevant que nous aperçûmes que la caverne semblait sans fin. Au plafond était installé un réseau d’ampoules… de guirlande de Noël. Les ampoules de toutes les couleurs se mirent à clignoter en rythme, j’ai d’ailleurs cru reconnaître “Vive le vent”. Tara, Michelle et moi sommes restées silencieuses pendant plusieurs minutes, nous cherchions à comprendre. Mais toutes ces lumières bigarrées finirent par nous donner mal au crâne, et alors que nous allions éteindre le disjoncteur Zaza se mit à aboyer. Tout s’éteignit d’un coup. Je peux vous dire qu’on n’en menait pas large avec les filles ! Nous n’avons pas bougées pendant plusieurs minutes, nous voulions être sûres de ne courir aucun danger.
La caverne ne donnant plus signe de vie, nous décidâmes de nous endormir sur place et de l’explorer plus tard à l’aube.