 |
|
Journal de Michelle Lockridge
|
|
Jour 2, au matin
|
|
Je n’ai rien compris à ce qui s’est passé. J’avais tranquillement allumé le stewart depuis le décollage et finalement réussi à l’entraîner dans les toilettes avec moi, après maintes oeillades et autres poses suggestives. Nous nous appretions à entamer une levrette du tonnerre quand il y a eu cette énorme déflagration, suivie d’un souffle chaud qui a tout balayé. Je me souviens de la chute, le sensation d’avoir le visage en feu. Puis d’avoir touché l’eau, l’air qui manque dans mes poumons. Et puis rien.
Quand je me suis réveillée, j’étais accrochée à ce qui semblait être un matelas pneumatique. Que des débris autour de moi, et des corps atrocement mutilés. Désespoir total. J’ai alors entendu des aboiements, et j’ai immédiatement reconnu ma Zaza. Ô joie. J’avais confiée ma petite chienne à une vieille dame assise à côté de moi juste avant d’aller m’envoyer en l’air avec ce cher stewart. Et ô miracle, elle avait survécu ! Elle se tenait fière et nerveuse sur le cadavre retourné de la petite vieille qui lui avait servi de radeau. Je la rejoignis en quelques brasses, puis nous gagnâmes le rivage pour rejoindre les autres survivants. J’ai laissé Zaza jouer avec la tête d’un enfant mort et commencé à discuter avec les quelques femmes présentes.
L’une d’elles m’impressionne particulièrement et me fait peur à la fois. Elle s’appelle Rachel et elle a extirpé violemment le levier de vitesse de l’avion du cul du copilote, ce qui a causé une hémorragie fatale au pauvre homme. J’entends encore les hurlements et les derniers râles malheureux. Je n’ai pas encore en tête le prénom de toutes les autres femmes, mais apparemment il n’y a que des fortes têtes.
Quelque chose d’anormal se trame, je le sens. J’entends les bongos au loin dans la jungle, promesse d’autochtones moyennement chafouins. J’ai peur pour ma petite Zaza, peur que si on ne trouve pas suffisamment de nourriture, les filles décident de la griller vivante pour faire des brochettes. Mais il faudra d’abord me passer sur le corps ! Je suis sur mes gardes, j’observe. Je suis une fille du Wisconsin. I’m a survivor !
1 commentaire à “Jésus j’ai peur”