![]() |
|
Que d’émotions aujourd’hui !
D’abord j’ai bien cru que nous étions sauvées, mais non. Je venais me faire dorer la pillule au soleil du soir dans un coin tranquille quand j’ai entendu le bruit d’un moteur. C’était un avion ! J’ai couru avertir les autres mais le bruit avait disparu. J’ai regardé dans le ciel mais l’avion n’y était plus. Après ma prétendue hallucination du dragon de Komodo j’ai préféré me taire. Je n’ai pas envie que les autres me croient folle.
Comme j’avais perdu Tam des yeux, je l’ai cherchée pendant une bonne heure pour finalement la retrouver toute débraillée et un peu en sueur. Elle m’a dit avoir fait un peu d’exercice. La pauvre enfant s’ennuie ici, je la plains, elle est si fragile. Je lui ai dit qu’il était bon pour elle de faire un peu de sport, cela l’occupera un peu.
Et puis il y a eu l’histoire de cette femme, je ne connais même pas son nom. Elle était un peu spéciale, elle portait toujours son chapelet autour du poignet. Elle devait être dévote, ou quelque chose. Elle n’arrêtait pas de prier, mais finalement je crois que la pression l’a emporté sur sa foi. Elle a couru comme une tarée vers la jungle et puis on ne l’a plus vu. A un moment, elle est réapparue avec à la main ce qui ressemblait à une hache rudimentaire fabriquée avec un bout de bois et une pierre. Et puis elle l’a lancée contre un singe. L’animal est tombé au sol, et elle l’a fini à grands coups de hache. Elle s’est mise à chanter une sorte de chant grégorien ou je ne sais quoi en traçant de grands cercles dans le sable avec ses pieds. Et puis elle a recommencé. Elle en a visé un deuxième, mais la pierre de sa hache s’est détachée et est partie en l’air… pour lui retomber juste au milieu du crâne. Elle est restée debout quelques secondes, le bras toujours tendu en l’air, puis elle est tombée.
Jusque là rien de plus banal. Mais soudain elle a pris feu, dans ce qui ressemblait à une sorte de combustion spontanée, en explosant par endroit en pustules de feu et de chair. Elle a cramé comme ça pendant deux bonnes heures.
Je pense qu’il y a un truc bizarre avec cette île.
Mais bon, en attendant ses restes m’ont permis de réchauffer ce délicieux ragoût que j’ai trouvé au milieu de la plage - quand je vous disais que l’île était bizarre. Comme il y en avait pour quarante (dommage, il n’y a pas de congélateur ici), et que tout le monde crevait la dalle, nous sommes toutes rassemblées autour du feu et après que je leur ai raconté l’histoire de “Soeur Machette” (je ne vois pas comment l’appeller autrement) nous avons un peu papoté. Cela m’a permis de faire un peu connaissance avec les autres. Apparemment, je ne suis pas la seule à avoir entendu des trucs bizarre venant de la jungle, une certaine Michelle a évoqué des tamtams. Je leur ai parlé de l’expédition que je comptais faire demain. Il faudra que j’aille fouiller l’avion pour trouver de quoi nous préparer.
Après toutes ces émotions et un repas complet, je meurs de fatigue. Il est temps de dormir.
PS: J’ai pris un pola’ de Soeur Machette. Il semblerait que la pauvre femme ait porté un anus artificiel (à gauche du feu sur la photo) qui n’a pas brûlé avec le reste. Rachel l’a récupéré, elle a dit qu’elle lui trouvait une certaine utilité. Je ne sais vraiment pas de quoi cette fille est capable.

Note de Madame Lucifer, lectrice de Tara S. Van Eekay : après recoupement des fichiers des autorités fédérales de l’aviation civile américaine et de la police internationale des porteurs d’anus artificiels, il semblerait que les restes que nous aperçevons sur ce cliché soient ceux de Soeur Marie-Madeleine de la Très Sainte Agonie du Christ
[ post dédié à Petit Pois qui aurait adoré cette série mais qui est parti trop tôt en vacances ]



0 commentaires à “L’inconnue du vol 666”