29 juillet 2005
Andrew Pipen

Quelqu’un a fêté Noël sur cette île

Journal de Rachel Pipen
Jour 4, en pleine nuit.

Je sais pas ce qui lui a pris, mais Tara m’a réveillée en pleine nuit pour que je l’accompagne dans la jungle. Elle pensait qu’en voyageant de nuit nous serions plus discrètes, ce qui est le cas, mais pour se repérer dans la jungle pas évident dans l’obscurité. Heureusement la lune est pleine et éclaire bien notre périple, et nous avons trouvé quelques lampes-torches dans les décombres pour mieux y voir. Après sa journée comateuse (littéralement) Michelle n’arrivait plus à dormir, elle nous a donc accompagnées, Zaza coincée dans son sac à dos. Avec Tara on n’était pas sûres que cela soit une bonne idée, mais on était encore moins sûres de sa réaction si on suggérait de laisser le chien sur place. Tara voulait également emmener sa fille avec elle, mais n’arrivait pas à la trouver, en fait Tam était en train de s’occuper du gendarme. Sa mère vit dans le déni complet, c’est triste…
Nous avons donc marché pendant une bonne heure en nous dirigeant vers le coeur de la forêt, Michelle et Tara entendaient toutes les deux le son de bongos au loin. Moi j’avais beau faire attention, je n’entendais strictement rien. Je les crois bien entendu, mais je ne m’explique pas pourquoi ni comment une musique peu être “filtrée” par certaines oreilles… Je n’ai aucun problème d’audition pourtant!
Après une heure et demi de marche, nous sommes tombées sur une grotte, d’où j’écris actuellement. Cette grotte non plus n’est pas naturelle. Des chauve-souris nous ont attaqué dès notre entrée, mais Zaza, la chienne de Michelle qui nous semblait pourtant inutile dans ce voyage ( la chienne, pas Michelle), a sauté de son sac et s’est révélée être une chasseresse fantastique. Elle bondissait comme un cabri et les choppait à pleine gueule. Nous avons donc pu faire un méchoui, et en garder une demi-douzaine pour plus tard ou pour les autres filles restées au campement.
Avec Tara nous avons été vivement impressionnées par Zaza, tandis que Michelle nous racontait joyeusement comment sa chienne une fois avait arraché le bras d’un maghrébin qui avait essayé de lui piqué son sac à Paris. Cette chienne non plus n’est pas normale… je réalise que cette asiat a finalement eut du bol de ne pas essayer de la faire cuire, Dieu sait ce qui lui serait arrivé. Et maintenant que j’y pense, quand je l’ai retrouvée un peu plus tôt dans la journée, la petite bête tremblait de tout son long et semblait traumatisée. Cela ne pouvait pas être un singe, il ne lui ferait pas peur, mais alors qu’est ce qui a bien pu effrayer Zaza ?
J’étais perdue dans mes réflexions lorsque j’entendis Tara hurler. Je saisis mon manche d’avion prête à me défendre, mais en réalité elle sautait de joie, visiblement excitée par une découverte. Je me suis approchée et aperçus… une prise électrique. Installée dans la roche. Michelle et moi nous regardâmes, incrédules, mais Tara était déjà en train de sortir son sèche-cheveux de son sac (don’t ask) pour le brancher et le tester. Malheureusement, rien ne se passa. Visiblement déçue, elle suggéra l’idée d’un interrupteur qui “allumait” la caverne, interrupteur qu’elle s’empressa de chercher à tâtons. Par esprit de solidarité Michelle et mois tâtâmes également, et qu’elle ne fut pas notre surprise lorsque qu’une pierre se déroba sous la main de Michelle et activa une espèce de disjoncteur. La caverne s’illumina soudainement, tandis que le séchoir se mit en route, remplissant le lieu d’un vacarme assourdissant qui résonnait contre les parois.
Tara éteignit enfin son engin, et c’est en nous relevant que nous aperçûmes que la caverne semblait sans fin. Au plafond était installé un réseau d’ampoules… de guirlande de Noël. Les ampoules de toutes les couleurs se mirent à clignoter en rythme, j’ai d’ailleurs cru reconnaître “Vive le vent”. Tara, Michelle et moi sommes restées silencieuses pendant plusieurs minutes, nous cherchions à comprendre. Mais toutes ces lumières bigarrées finirent par nous donner mal au crâne, et alors que nous allions éteindre le disjoncteur Zaza se mit à aboyer. Tout s’éteignit d’un coup. Je peux vous dire qu’on n’en menait pas large avec les filles ! Nous n’avons pas bougées pendant plusieurs minutes, nous voulions être sûres de ne courir aucun danger.
La caverne ne donnant plus signe de vie, nous décidâmes de nous endormir sur place et de l’explorer plus tard à l’aube.

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