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Journal de Rachel Pipen
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Jour 6, le soir.
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J’ai déjà sauté une journée dans mon journal, c’est pas bien !
Après avoir dormi jusqu’au beau milieu de la journée, Michelle Tara et moi, les 3 drôles de Dames de cette îles nous sommes réveillées la tête dans le cul. A peine le temps de se relever qu’ils nous en tombe deux sur la tête : Tout d’abord la soeur hystérique était en train de nous observer, accroupie, comme si elle allait nous chier un cake. Elle attendait visiblement notre réveil. Ensuite mon premier réflexe fut de regarder au plafond : les guirlandes avaient disparues, ainsi que le couloir sans fin de la caverne ! Il y avait maintenant une jolie paroi très cavernante, pour qu’on comprenne bien que cette endroit était tout ce qu’il y a de plus normal. Idem pour la prise électrique, aucune trace d’elle nulle part. Nous avons demandé à Soeur Marie-Virginia, mais elle ne semblait être au courant de rien. Tara était désespérée de ne pouvoir remettre son brushing en place, et Michelle aurait bien aimé faire un petit numéro de cirque avec Zaza… D’autant qu’elles n’entendaient plus non plus les bruits des tamtam !
Après concertation et chauve-souris grillée, nous avons décidé de continuer dans la direction de la veille. La soeur a décidé de nous accompagner, le chapelet à la main, visiblement elle reprenait du poil de la bête en notre compagnie. C’est ainsi que nous, les trois drôles de Dames plus une, qu’au bout de deux heures de marche en pleine forêt, avons retrouvé les restes encore fumant d’un campement. Michelle a essayé de transformer Zaza en Lassie chien fidèle, histoire qu’elle sente la piste des campeurs, mais tout ce qu’elle a obtenu, c’est une chienne hystérique qui s’est mise à faire ses cabrioles au dessus du feu. Ça va bien cinq minutes, mais ça fait pas avancer le schmilblick. Heureusement Tara a repéré des traces de pas dans le sol, que nous avons suivi. J’avais l’impression de reconnaître le chemin, mais après tout, qu’est ce qui ressemble plus à une jungle que la même jungle un peu plus tard ?
Ben sauf que j’avais bien raison, et je m’en suis rendue compte lorsque nous avons aperçu l’entrée de la caverne au loin. Nous avions suivi les traces de nos propres pas. Un grand moment de lassitude s’est emparé de moi, et j’ai craqué. Je me suis mise à pleurer comme une enfant, ne pouvant m’arrêter. Je sanglotais, la pression de ces quelques jours ne pouvant plus être contenue par une prétendue force de caractère que je m’efforçais de montrer. Zaza est venu me lécher le nez, mais même son haleine ne m’a pas repoussée. Ne sachant trop que faire, Tara et Michelle ont essayé de me réconforter, tandis que Mary-Virginia s’est lancée dans une litanie incompréhensible. Je ne sais pas combien de temps tout cela à duré, mais le jour commençait à disparaître quand la caverne s’est de nouveau illuminée.
Cela m’a fait comme un coup d’adrénaline, je me suis mise à courir et courir encore pour voir qui avait allumé la putain guirlande de Noël. C’est à l’entrée de la grotte que je l’ai vu. Trop absorbé par ce qu’il était en train de faire, (il déchargeait un sac, visiblement) il ne s’est rendu compte de ma présence qu’après m’avoir entendue tousser, je ne retrouvais pas ma respiration. Il s’est retourné, m’est apparu dans toute sa splendeur. Le Père Noël. Le vrai. Avec ses bottes noires, son manteau rouge et sa barbe blanche, il vidait son sac tandis qu’une ribambelle de petits elfes s’afféraient pour tout ramasser. Ils étaient particulièrement bien organisés, un chaîne le long de la paroi transportait tout les paquets vers une destination que je ne pouvais apercevoir à l’oeil nu.
Toute essoufflée que j’étais par ma course, je suis à peine arrivée à balbutier un “qu’est ce que vous faites ici”, avant que le Père Noël et les elfes ne hurlent de peur, qu’ils reculent de quelques pas, et qu’ils prononcent une espèce d’incantation qui fit tomber un mur juste devant eux, bouchant le couloir et rendant la caverne de nouveau banale.
J’ai hurlé pour qu’ils reviennent et nous aident, mais le silence était complet, tout du moins jusqu’à ce que Tara et Michelle arrivent. Je leur ai raconté tout mon histoire, mais elles n’ont pas semblé vouloir me croire. Elles ont vaguement aperçu les guirlandes clignoter, mais avec ma crise de larmes quelques minutes auparavant, elles ont dû se dire que j’avais tout imaginé. Je commençais à devenir hystérique et à hurler au Père Noël, elles ont donc décider de me ramener au camp pour la nuit.
J’étais tellement fatiguée, je me suis endormie sans rien manger, et ce n’est qu’à midi le lendemain que je me suis réveillée pour trouver un bol de soupe près de ma couche. Je suppose que c’est Kim qui me l’a préparé. Je n’ai pas fait grand chose de la journée, j’ai voulu me changer les idées en jouant avec Zaza, mais je continuais de penser au Père Noël. Michelle a été très gentille et patiente avec moi, mais je pense que j’ai fait flipper Tara, elle semble m’éviter. Les autres du campement me regardent bizarrement aussi, comme si j’avais vu… bon OK, ils ont pas tord.
En attendant c’est décidé, il est hors de question que j’attende le mois de décembre avant de retrouver ce gros lard.
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