Depuis mardi dernier, White est au chômage. Sa démission, ça faisait longtemps que nous en parlions: personnellement, je ne voyais pas l’intérêt de rentrer à 21h tous les soirs et de bosser 6/7 jours pour un salaire qui ne venait pas, ou alors avec 3 mois de retard. Certains patrons sont très forts: ils gardent leurs employés parce qu’ils leur doivent tellement d’argent, garanti par un simple accord verbal, que tout le monde court et personne n’ose claquer la porte, de peur de se faire enfler de 8000 euros.
White, ça lui aura pris un an pour comprendre qu’il ne toucherait pas son dû, même en attendant encore 6 mois. Les autres employés espèrent toujours.
Donc, il y avait ce problème de sous. Et puis, quand White s’est envoyé sa collègue, la décision est devenue plus urgente.
“Si tu veux, je démissionne dès demain”, a-t-il proposé alors.
Ouais, il n’était pas question qu’il me reproche plus tard de lui avoir fait quitter un travail dans lequel il se plaisait, et qui pouvait être financièrement rentable. Ladite collègue n’étant pas dans la même agence que lui, et leurs rapports pouvant se limiter à des conversations professionnelles par téléphone, on a convenu qu’il donnerait sa dem quand il aurait trouvé autre chose de stable.
Mais il n’y a pas eu beaucoup de recherches ensuite. J’observais, essayant de supporter l’idée que l’Autre faisait toujours partie de sa vie, celle du taff.
Ca a duré 2 mois. Entre temps, les problèmes d’argent sont devenus des problèmes relationnels avec le patron. Après une engueulade supplémentaire, White a claqué la porte.
Sans rien d’assuré derrière.
Hum… donc, pour en arriver là, il aurait pu aussi bien démissionner en février, et effacer son numéro, à elle, de son portable.
Et puis, cette semaine, il m’a dit: “Vendredi midi, j’irai déjeuner avec mes anciens collègues, pour un pot d’adieu.”
OK. Les collègues de SON agence, bien sûr. De jeunes hommes, une femme de la quarantaine… Non? Pas seulement?
Bah tiens. Les collègues des autres agences aussi. Enfin, pas de toutes les agences. De celle de sa maîtresse, quoi. Elle incluse.
Quoi de plus fun que de se retrouver au resto avec une nana qui n’est pas la vôtre, mais déboutonne votre braguette quand même?
C’est marrant, quand j’ai compris ça, ça ne m’a pas plu.
Du coup, White a annulé le déjeuner. Enfin, j’espère.
Mais bon, moi aussi je crois que je vais me mettre à avoir de supers idées:
Et si je couchais avec un collègue?
Puis je le présenterais à White, ils deviendraient potes, et moi je les inviterais à un apéro, et je balancerais tout.
Après, je pourrais partir une semaine en Espagne avec le collègue, mais je jure, en tout bien tout honneur, bien sûr.
kelly.capwell@hotmail.com