Le Brevet était fini, les copies étaient corrigées, le collège rouvrait ses portes.
A 7h45 hier matin, j’ai mis des sous dans le parc-mètre et, bardée de livres que je comptais photocopier pour faire cours aux quelques élèves que je m’attendais à voir, j’ai remonté la rue.
Devant le collège, personne.
J’ai passé la grille: il n’y avait pas un chat dans la cour. Tout était silencieux.
J’ai retrouvé des collègues en salle des profs. J’étais la seule à être venue avec mon cartable.
Pour ne pas perdre de temps, nous nous sommes organisés pour répartir les noms des élèves dans les classes prévues l’année prochaine.
Je n’avais jamais fait ça encore. Ca a été ennuyeux. Mais après 4h30 de tâche administrative, je suis ressortie 2 fois moins fatiguée qu’après 4h de cours.
J’ai toujours clamé qu’enseigner était plus fatigant que travailler dans un bureau.
Je n’ai pas cours le jeudi après-midi normalement, alors vers 1h, je suis rentrée chez moi.
Je savais que je ne verrais pas d’élèves ce matin non plus. Et qu’en septembre, je ne serai pas renommée dans cet établissement.
Cependant, par acquis de conscience, je suis venue épauler mes collègues, qui n’ont pas fini la répartition des 6èmes et des 3èmes.
A 8h.
Le même silence dans la cour.
Mais cette fois, les couloirs étaient restés sombres.
J’ai poussé la porte de la salle des profs: elle était déserte.
Je suis allée frapper à la porte du principal.
- Ah, mais c’est normal: on a dit à vos collègues de ne venir qu’à 9h.
OK.
J’ai déjà bu 2 cafés.


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