30 bornes. Heureusement que White possède un GPS.
D’abord, Le Mans à traverser. J’aurais pas cru comme ça: y a aussi des bouchons en province.
Puis, 25 km de rase campagne.
” Vous dépassez la limite autorisée”. Ta gueule. Comment ça se désenclenche, ce truc?
90 km/h. Intersection, 70. Zone urbaine, 50. Puis, de nouveau 70.
” Vous dépassez la limite autorisée.”
Je me concentre, je conduis bien sagement.
De beaux bâtiments en brique rouges, avec un parking accueillant. Par une fenêtre, j’aperçois les toilettes, le gros cylindre qui renferme le rouleau de PQ blanc. Ca doit être là, chouette!
Ah non, c’est le gymnase.
Le collège, c’est le bâtiment de l’autre côté de la rue. 2 ou 3 blocs de béton, délabrés.
Les collègues aussi sont délabrés. A part la jeune enseignante de français, tous ceux présents en salle des profs se tiennent courbés au dessus de leur tasse de café. Avec mon jean et mes talons, je suis la plus citadine. C’est tout dire. Ici, c’est robes à fleurs fanées, pantalons informes et gilets maussades. Des rides creusées pour les plus agés, des cernes profondes pour les autres. Quelques mots rares sont échangés. La fatigue pèse.
Je l’aurais croisé dans la cour, je l’aurais pris pour l’homme d’entretien. C’est mon nouveau principal.
- Dans l’ensemble, ici, ça se passe bien, mais vous vous rendrez vite compte à la rentrée qu’il y a beaucoup de misère sociale.
Je crois que je vais me plaire.