9 août 2007
TacTac

Les petits yeux ouverts (1/2)

J’entendais les enfants de mon école raconter qu’ils avaient été cambriolés pendant la nuit. En l’absence de volets, les voleurs étaient aisément entrés chez eux. C’est ça les pays protestants comme les Pays-Bas, pour que la lumière de Dieu puisse entrer dans le foyer on néglige les volets, et les cambriolages par la même occasion.

On a beau avoir atteint l’âge de raison, ce genre d’histoires terrifie encore à 7 ans. C’est à partir de cet âge-là que j’ai commencé mes insomnies.


Je voyais le Diable régner sur la Terre dans les ombres de mon globe terrestre et de mes peluches. J’imaginais une main osseuse sous mon lit. J’entendais les bruits des coquillages enfouis sous la terre du jardin. Empaqueté dans les draps, je me plaquais contre le matelas. J’étais momifié, raide comme un piquet ; les petits yeux ouverts, les yeux grands fermés.

C’est une de ces interminables nuits blanches, coincé sous une avalanche de peluches inquiètes, que je m’autorisais à frapper à la porte de mon grand frère :
« J’arrive pas à dormir. »
Qu’attendais-je de ce geste ? Rien, pas grand-chose, juste quelques mots réconfortants de la part d’un grand frère m’expliquant qu’il n’y avait pas de monstre dans mon placard et qu’il était dans la chambre d’à côté pour m’aider à tuer les méchants. Dans le meilleur des cas, j’attendais qu’il m’offre une petite place dans son grand lit aussi grand que le mien. J’avais juste peur. Et qu’obtins-je en retour ?

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