J’ai étendu les bras en chantant les mots interdits.
J’ai convoqué les ténèbres pour s’emparer de toi et de ceux qui t’entourent.
Tu vas connaître le vrai sens du mot Vengeance !
Joyeux bordel nawak iconoclaste
J’ai étendu les bras en chantant les mots interdits.
J’ai convoqué les ténèbres pour s’emparer de toi et de ceux qui t’entourent.
Tu vas connaître le vrai sens du mot Vengeance !
« Il m’a filée de la Jack.
- De la Jack ?
- Ouais, je connais pas. Ca vient d’Hollande il m’a dit. »
Le voisin de Laetitia allait souvent aux Pays-Bas et ramenait de quoi alimenter ses petits plaisirs quotidiens.
Ca faisait plus d’une heure qu’on révisait le partiel de Gestion des Coûts du lendemain. Ou « visait » plutôt, car elle comme moi découvrions cette matière barbare remplie de chiffres et de trucs tout chiants qui donne des boutons.
C’était le moment de faire une pause.
Je la regardais rouler. J’admirais sa dextérité. Car les rares fois où j’ai roulé au lycée, je n’ai obtenu que de très vilaines guez-mer. Elle, Laetitia, faisait ça sur un cd de Jamiroquai tout en continuant à me parler de Mingniouk, Anne-Laure, Martial et Lorenzo.
Sorry for absorbing. I really do apologize. Sorry for absorbing.
It has always been part of my nature. The inside vampire is always so hungry. Sorry for that.
But keep clear in your mind that I never take lives. I only take their energies.
Sorry for absorbing.
Je éparpillé peine à rassembler tous les morceaux d’un moi comme on désespère parfois de reconstituer le miroir brisé par un soir de déprime où l’on se retrouve dégoûté par son propre reflet que l’on finit par éclater d’un coup de poing rageur.
Je moi nous tentons une réunification. La destinée au centre de la table des négociations.
Une porte s’est réouverte, depuis longtemps fermée, cadenassée, prise dans les chaînes, scellée,
une porte s’est réouverte sur les champs fertiles de l’avenir,
une porte s’est réouverte et avec elle un vieil espoir renaît,
celui d’être toujours là demain.
Je moi nous voulons mettre fin à une guerre intestine vieille de trois siècles.
Trop de gâchis.
Trop de morts.
Que plus jamais la parole ne s’éteigne.
C’est par elle que je moi nous vivrons.
Marche.
Marche toujours, ne t’arrête jamais.
Cours si tu le veux du moment que tu avances.
Derrière toi s’ouvre le gouffre insondable des temps révolus.
Derrière toi c’est le doux piège de la mélancolie.
Il n’est nul passé. Regarde devant toi.
Forcément que ça me fait quelque chose lorsque je vois tous ces bouquins dans les librairies. Non pas ceux bien rangés par ordre alphabétique, non, mais ceux religieusement posés sur les étals. Les nouveautés. La rentrée littéraire. La boucherie intellectuelle.
Lorsque je tape azerty à l’envers sur mon clavier je tombe sur Reza, Yasmina de son prénom. La pile la plus basse de l’étal. La couenne a beaucoup de succès cette année. C’est normal, il fait froid.
Aussi minces qu’un Voici, voilà les bébés sulfurisés. Il faut moins de temps pour les écrire que pour les congeler. Tout est question de froideur chez Mazarine Pingeot.
De la chair à saucisse en veux-tu en voilà. Je te fourre le dindon de farce pendant qu’Amélie s’occupe de toi. Fidèle au rendez-vous la Nothomb ne fait jamais la queue : c’est elle qu’on vient voir.
Forcément ce n’est que jalousie de ma part envers ces dames, car ces viandes froides réchauffent aussi mes mains dans le métro. C’est juste que je voudrais également poser ma livre de pâté d’écriture chez les libraires. Simplement défendre mon bifteck.
Mais en attendant, je fais la queue comme tout le monde.

J’étais en train de me raser et j’ai pensé, alors que j’allais attaquer la deuxième moitié de mon bouc :
“Si une bombe atomique explose dans les parages à cet instant, je vais devoir me présenter au paradis avec une demie barbe…”
Un jour je me suis tiré une balle.
C’est comme de se faire photographier.
On voit plein de bulles de couleur, et y’en a une qui vous attrape.
Petit apéro chez la vendeuse de vases grecs miniatures et de lance-roquettes XXL, ça finit à 4h du lapin matin. Je me souviens vaguement avoir dragué un informaticien ukrainien et avoir discuté longuement avec le chien. Je me souviens aussi que mon cher et tendre m’a téléphoné à de nombreuses reprises depuis le concert de Björk, des cuivres pour remplacer les choeurs, fallait y penser !
Je me réveille dans un lit douillet. Avec deux personnes. Trop compliqué à comprendre, je me rendors. Je m’éveille alors seul. Je prends le petit déjeuner avec ma marchande d’armes préférée : un café, 3 clopes et un Fanta. On regarde des épisodes de Docteur House. Au milieu je m’éclipse pour aller vomir (je ne dis pas que le Fanta fait vomir, je dis qu’il me fait vomir, moi) puis je reviens, l’air de rien.
De retour à la maison, Jean-Claude m’appelle, il m’a pris une blatte place pour le concert de Björk de dimanche, est-ce que je suis encore bourré ou est-ce que la vie est vraiment belle ?
[Zoutémi-Ouazaaaaa] n.m. : Techniques de projections par sacrifice de son équilibre où l’on projette en utilisant le poids de son corps. Projections spectaculaires que l’on connaît mieux sous le nom de planchette japonaise. Exemple : Encore une soirée qui finit en planchette japonaise.
En Hiver, il y a des nuits où je rêve que je meurs de froid.
Ca me réveille forcemment, je me pelotonne alors dans mes couvertures, tout en ayant l’intime conviction que le lieu où mes rêves rencontreront le monde sera celui de ma mort.
Y’a des fois – comme maintenant – où je n’ai pas envie d’écrire.
Ca peut paraître paradoxal, mais je vous assure que je n’ai pas du tout envie d’écrire au moment même où je vous écris. J’ai Anaïs dans les oreilles qui fait « Dou dou dou dou dou », une bonne odeur de femme noire à mes côtés – j’adore l’odeur de la peau noire. J’ai juste un peu peur que l’homme noir qui a remplacé la femme à mes côtés depuis l’écriture de ces mots ne lira pas ces lignes par-dessus mes épaules. Car je suis dans le bus et il n’y a rien de raciste à dire que j’aime l’odeur des Blacks.
Amel Bent a remplacé Anaïs dans mes oreilles. J’ai vraiment de tout dans mon iPod. Et là, j’ai déjà plus envie d’écrire qu’au début de ce texte. Et même si je n’ai toujours rien à dire, j’ai au moins trouvé comment se terminera ce billet : à l’improviste. Car lorsque je serai arrivé chez Clo et Coloca, je devrai descendre précipitamment de l’autobus et, de la sorte, abandonner tout aussi promptement l’écriture de ce court texte. Alors, en attendant, je brode et espère ne pas trop vous ennuyer. C’est un peu l’envers du décor, le premier making of de post. L’écriture dans les bus, les métros, tout ça, avec bientôt le bêtisier : « Il a fait une faute d’othographe !! Mouhahaha hihihi ! ».
Passons.
Oui je regarde mon nombril.
Plus qu’un arrêt, tenez bon, on reste ensemble jusqu’au bout…