En Sarthe, mes élèves sont tous blancs.
En Sarthe, les parents de mes élèves sont tous de langue maternelle française.
En Sarthe, le niveau de mes classes est pire que dans le 93, lorsque mes élèves parlaient arabe, pakistanais ou turc à la maison.
Comme quoi…
Du coup, j’ai décidé de mettre la pression sur la langue cette année: dictées tous les vendredis en semaine A, contrôles de conjugaison tous les vendredis en semaine B.
En Sarthe, je risque de me faire taper sur les doigts par l’inspecteur, parce que cela fait 20 ans que l’on n’a plus le droit d’enseigner comme ça.
Mais en Sarthe, les élèves n’avaient jamais vu de leur vie un tableau de conjugaison regroupant l’indicatif, le conditionnel, le subjonctif, l’impératif, et les infinitifs- participes - gérondifs.
Euh… Comment ils font, les profs de langue, pour enseigner le gérondif en anglais et en espagnol, alors?
En Sarthe, la moitié des élèves ne sait pas que avoir à l’imparfait de l’indicatif fait “j’avais, tu avais, il avait, etc…”
En Sarthe, ça ne dérange pas certains élèves de conjuguer être à un temps composé en écrivant “il a était”, “nous avions était”.
En Sarthe, j’ai 4 classes, donc 4 paquets de copies minimum par semaine (et les dictées, c’est long à corriger, quand on y trouve 45 fautes), parfois 8 (parce qu’il n’y a pas que les dictées et les conjugaisons dans la vie).
En Sarthe, je commence mes cours à 8h30 et je finis mes corrections à 20h.
En Sarthe, je suis crevée, et mon organisme affaibli a déjà choppé la grippe.


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