Je n’ai pas pleuré mon grand-père. Même pas aux funérailles lors des envolées lyriques de l’orgue luzien. Je ne pleure presque plus. Lorsqu’aujourd’hui je pleure, cela peut-être considéré comme un événement aussi important que l’absorption d’une choucroute de la mer par Paris Hilton.
Autant j’ai été un enfant rieur et peu pleurnicheur, autant j’ai été un adolescent dépressif. Je passais mes nuits à pleurer, une demi-heure au minimum de la sixième à la seconde. Mouiller mon oreiller ne me suffisait pas, c’était une centaine de matelas pneumatiques que je remplissais de mes larmes.
Quelques années plus tard, Laetitia ma copine de fumette me racontera un de ses rêves : son cœur dans la paume qui se vidait d’eau claire à chaque pression de sa main. Et bien c’était exactement ça dans ma chambre heptagonale de Versailles : je voyais mon cœur pleurer de battre dans le vide.


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