Je ne tiens pas la longue distance.
Je ne suis pas endurante, d’ailleurs j’avais fini par me faire dispenser de cross du collège. Je ne suis pas solide sur le long terme, d’ailleurs je n’ai jamais dépassé le cdd de 2 ans avec mes divers amoureux. Je ne progresse pas le long d’une ligne droite, mon cv m’en est témoin (apprentie graphiste, hôtesse internationale, serveuse, freelance, vendeuse, chef d’entreprise).
Mais à travers toutes ces expériences, une constante a guidé ma vie sans que je m’en rende compte.
Hier je suis sortie du boulot à 23h30. Le jour d’avant à 3h50. 2 jours avant dans les mêmes eaux. Dimanche dernier j’y ai passé 7h. J’allais commencer de trouver ma vie pathétique, entre mon taf qui me bouffe et mes copines qui pleurent dans mon téléphone. Mais hier je suis sortie envahie par un sentiment de félicité. Je n’étais pas heureuse, j’étais feliz. C’était le seul terme qui me venait pour décrire ce sentiment. Et ce n’était pas par hasard.
et là par exemple si j’étais tactac je posterais la suite demain, mais je ne tiens pas les longueurs je l’ai déjà dit.
Quand j’étais petite, je partais en vacances chez mes grands-parents maternels à Toulouse. Mon grand-père me vouait un culte certain car j’étais à l’époque une gentille petite fille, très calme et plutôt douée pour l’école. Lui était immigré d’Espagne depuis l’âge de 10 ans (une sombre histoire de meurtre commis par mon arrière grand-père) et s’était construit tout seul, avait monté son entreprise (les chiens ne font pas des chats) et était à présent (le présent de jadis) tranquillement retraité pour profiter de ses millions (ou presque). Le matin, je m’attelais à mes cahiers de vacances, que je torchais assez rapidement pendant que mon frère se galérait, et mon grand-père s’exclamait systématiquement “Qu’elle est vaillante ! Qu’elle est vaillante !”.
Aujourd’hui encore je suis vaillante. Je suis courageuse, dure à la tâche, je n’ai pas peur de mettre les mains dans la merde. Je m’y mets sans relâche, je serre les dents et je n’abandonne pas… Tant que je sais que je suis sur du court ou moyen terme.
Mais je n’ai pas de souffle, je manque d’entraînement. Je suis tenace, mais pas assez longtemps. La longueur m’étouffe, l’horizon est trop loin, je vis par échéance et j’abandonne si je soupçonne une durée indéterminée.
Effort après effort, récompense après récompense, je peux tenir le coup. Un long effort pour une méchante balance d’incertitude, le doute s’empare de moi, comment savoir, comment savoir si ça vaut le coup, ah non je n’ai pas envie allons manger des petits-pains au chocolat.
ALORS QUAND MADEMOISELLE CHA ME SUPPLIE DE TERMINER LA PARTIE DE SCRABBLE QUE J’AI EU DU MAL A COMMENCER SUR FACEBOOK PARCE QU’ILS NE VEULENT PAS CHANGER LES LETTRES PARCE QUE CES APPLIS C’EST DE LA MERDE ET CA BUGGE, je dis non.


0 commentaires à “Encore un effort”