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31 mars 2008
Jean-Mich Much

Marathon de Paris

Le nom de marathon vient de l’histoire assez confuse de Phidippidès, un messager grec qui aurait couru de Marathon à Athènes pour annoncer la victoire contre les Perses à l’issue de la bataille de Marathon lors de la première guerre Médique en - 490. Arrivé à bout de souffle [surtout après une phrase aussi longue] sur l’Aréopage, il y serait mort après avoir délivré son message.

Ce récit homérique, plus par la forme que par l’Histoire, a donné lieu, par je ne sais quel allumé fini, à la création d’une épreuve sportive de course à pied, dénommée marathon, d’une distance équivalente à celle qui sépare la ville de Marathon à celle d’Athènes, soit très exactement 42,195 km. Epreuve reine des jeux olympiques et donnant lieu à compétition et célébration un peu partout dans les plus grandes villes du monde.

Dimanche prochain (6 avril), se déroulera la 32ème édition du marathon de Paris, où s’élancera, des Champs-Élysées, une foule famélique et populacière, constituée de quelques 40 000 écervelés en short qui fouleront le pavé parisien de leur imbécillité heureuse. Tout dans les jambes, rien dans la tête. Avouez qu’il faut vraiment n’avoir rien d’autre à faire pour se lever un dimanche à l’aube et se taper 42 bornes en courant sous le froid et la pluie.

Et bien je ferai parti de ces ahuris qui feront coucou à la caméra au départ et balanceront leurs godasses à n’importe quel premier touriste emprunté qui lui demandera son chemin après avoir abandonné en plein milieu du parcours… Enfin bon, je compte bien le faire en entier… Parce que va trouver un taxi ce jour là dans Paris, qui plus est en short au milieu du bois de Vincennes. Enfin bon, on est nawak ou on ne l’est pas !

S’agit-il de votre premier marathon ?

Oui.

… ?

Bah quoi ? Vous attendez quoi ? Que je vous dise : « Oui j’ai déjà couru plusieurs marathons » et que je vous livre une ou deux anecdotes complètement crétines, qui feront rire personne, à part des coureurs du dimanche ? C’est pas la peine de venir m’interviewer si c’est juste pour remplir votre papier. Y’en a plein des gens qui font le marathon et qui sont heureux de le faire.

Donc, c’est votre premier marathon…

Je viens de te le dire…

Et donc, euh… attendez, je reprends mes fiches là…

Je vous en prie… De toute façon on est pas pressé… Puis sachant que je vais me taper 4 heure de courses sous la pluie, c’est bien, ça me conditionne à l’idée de perdre du temps bêtement.…

Non parce que comme je pensais que vous aviez déjà fait d’autres marathons, ça élimine certaines questions…

Oui, oui, je vois… C’est bien, elle est préparée votre interview.

Oui, alors… Qu’est-ce qui vous a poussé à participer pour la première fois à un marathon ?

Il me fallait un alibi, ma belle famille toute réunie organise un grand repas dimanche prochain auquel j’étais bien sûr convié. *

Vous êtes vous fixé un temps de parcours ?

Demandez à Météo France… Non mais rassurez-moi, les questions connes, vous les avez toutes placées au début de l’interview pour vite les passer en revue ou il y en a encore beaucoup des comme ça ?

Non là ça devient plus intéressant… Rentrons dans le vif du sujet : depuis combien de temps pratiquez-vous la course à pied ?

Depuis que j’ai été présenté à ma belle famille.

Avez-vous suivi un plan d’entraînement drastique comme tout bon marathonien ?

D’abord je tiens à dire que je ne me catalogue pas dans la catégorie des marathoniens. Ai-je une tête à passer mes samedi après-midi de printemps à tondre mon gazon ? Non, puis en plus je n’ai pas de jardin. Pour ce qui est de l’entraînement, j’ai commencé en septembre, à raison de 3 à 4 séances par semaine… seul… le soir… Si à cela vous ajoutez ce pari idiot auquel je me tiens, qui consiste depuis le 1er janvier à ne plus boire une seule goutte d’alcool jusqu’à l’issue du marathon et un régime diététique assez rude depuis quinze jours, cela vous donne une idée du niveau de dégradation de ma vie sociale. Mes amis ne me font plus rire à table en fin de repas et il m’arrive de regretter de ne pas avoir de chien qui me fasse la fête le soir quand je rentre pour pouvoir lui filer une trempe dont il se souviendra. Non c’est certain, je baisse.

D’autres difficultés rencontrées au cours de votre préparation ?

Une tendinite au tendon d’Achille, contractée à un mois de l’échéance. Je n’ai pas pu courir pendant trois semaines. Non vraiment, les grecs nous emmerdent.

Vous avez dû souffrir ?

J’ai surtout eu peur d’être obligé de renoncer au marathon et contraint et forcé de bouffer avec la belle famille.

Ca doit être quelque chose…

Surtout lorsque, l’alcool faisant effet, c’est-à-dire au bout du quatrième apéro, ils vous prennent par l’épaule et se mettent à chanter à table…

Comme quoi la pratique de la course à pied nécessite une grande attention physique.

Tu m’étonnes ! C’est super dangereux. Tu sais qu’une fois, je me suis fait courser par des canards en m’entraînant autour du lac des Buttes-Chaumont. Mais t’inquiète pas pour eux, je vais bientôt y faire un carnage !

Avez-vous une appréhension particulière avant de courir ce marathon ?

Pas spécialement. J’en ai eu à écouter bon nombre de marathoniens me faisant part de ce que dans le jargon on appelle « le mur des 30 km ». D’après eux, passé cette distance, le corps est à bout de force, trop exténué pour continuer. Parfois même obligé de s’arrêter pour se faire masser les jambes tellement elles sont raides. Il faut alors puiser dans ses réserves, les 12 derniers kilomètres se font au mental. Ce qui, pour des sportifs, m’étonnait un peu, mais bon. Puis, en repérant le parcours sur une carte, je me suis aperçu que le trentième kilomètre coïncidait avec la traversée du bois de Boulogne. Je vois le genre de massage qu’on pratique dans cette zone là. Enfin, je dis cela, je dis rien, mais t’as pas intérêt à avoir envie de pisser à ce moment là.

Les rues de Paris seront noires de monde et animées avec parades et fanfares tout le long du parcours. C’est avant tout une grande fête non ?

Si pour toi se lever à quatre heures du matin pour manger un plat de pâte en buvant un litre de flotte et, trois heures plus tard, se les geler sur la plus belle avenue du monde qui sentira l’odeur de pisse comme pas possible, parce que forcément ton litre de flotte que t’auras bu, faudra bien l’évacuer, en écoutant des gars te demander avant le départ si on ne s’est pas déjà croisé au marathon de Cutéreux-sur-Loire et ensuite se taper 42 bornes en courant, c’est considérer faire la fête, bah mon vieux…

Peut être que des coxxiens viendront vous encourager sur le parcours.

Tu penses. Déjà qu’entre coxxiens* on arrive pas à se blairer, alors se lever à 8h du matin pour aller voir courir des asthmatiques en short dégoulinants de sueurs, c’est sûr que ça va les motiver. A moins de les retrouver sur le trajet, affalés au pied des colonnes de Buren après une sortie bien arrosée au club 18, je ne vois pas. Cela dit, il me semble que Lapin m’a déjà raconté avoir été bénévole sur une précédente édition du marathon de Paris. Il faudrait lui poser la question. Mais là il est 15h, il dort.

Vous ne comptez pas faire quelque chose de nawak ?

J’avais pensé courir en blouse d’infirmier avec une pancarte sur laquelle serait écrit : « Coquecigrue : nous avons tout sauf le talent », mais j’ai appris que le prénom de chaque participant était inscrit sur le dossard. C’est donc trop compromettant. Enfin bon, pour celles et ceux qui suivraient la course, vous me reconnaîtrez facilement, je porterai le dossard n° 12585.

Serez-vous attendu par des proches une fois la ligne franchie ?

Par Robert.

Qui est ?

Un bénévole de la croix rouge. Ils ont un chapiteau pour masser les coureurs à l’arrivée.

Savez-vous ce que vous ferez après l’arrivée ?

Un bon massage, une bonne douche et surtout une bonne bière bien fraîche !!! Après, qu’on me fiche la paix, qu’on m’oublie, qu’on me laisse m’évanouir seul au milieu d’un immense champ de coquelicots, caressé par des vents foisonnants, contemplant au dessus de moi un ciel majestueux vêtant peu à peu sa parure orageuse, grise et lumineuse. Inaccessible beauté, devant laquelle l’homme, si impuissant, ne peut que s’en émerveiller. Face au temps qui s’immobilise puis le rafraîchi de quelques gouttes de pluie fine avant de se recevoir toute la flotte sur la gueule.

Ce n’est pas trop la saison des coquelicots…

Ta gueule ! Ecoute le silence.

Courrez-vous un autre marathon ?

Certainement pas ! C’est bien trop d’effort solitaire et de sacrifice. Pas plus tard qu’hier, j’ai vu un crétin qui courait autour du parc des Buttes-Chaumont à onze heures et demie du soir. Je me suis dit : mais quel pauvre type. Bon en même temps c’était moi. Mais revenez me poser la question dans quelques temps, j’aurai certainement changé d’avis.

Un dernier mot avant le marathon ?

Quel con, quel con, mais quel con…

* fait tout à fait véridique, enfin, je parle du repas de la belle-famille, pas du fait que le marathon soit une excuse pour éviter ce banquet chaleureux et convivial. Loin de moi l’idée de critiquer ma belle famille que j’aime, d’autant que je n’ai a ce jour reçu aucune garantie sur un les modalités futures d’un hypothétique et envisageable héritage. Je m’abstiendrai donc de tout commentaire déplacé au sujet de ma belle famille. Je vous aime, même sans la présence de mon avocat.

TacTac

Les gens d’en face

Les gens d’en face sont dans une vitrine, ou enfermés dans un miroir. J’hésite encore.

Un enfant qui tournoie, deux mecs assis sur leurs valises, un black élégant au fuck-in-town de médecin de campagne, une femme qui passe sa main dans ses cheveux, des milliers de cas à décrire et à reproduire ; jusqu’à en faire des millions.

« Veuillez attendre le prochain train. Veuillez attendre le prochain train. »
Le RER A se vide de ses voyageurs désabusés et mon quai de Charles de Gaulle se noircit. L’appel du 18 mars de Colombey-les-Doux-Débiles. Je ne vois plus rien du quai d’en face et j’imagine que d’autres se réjouissent de ce festin visuel. Des milliers de corps à scruter et à dévisager. Un plaisir voyeuriste à son apogée si on n’est pas agoraphobe.
Ou alors n’y aurait-il que moi tripper sur les inconnus du métro ? Toi ? Vous ? Je ne pense pas être l’unique merci beaucoup.

30 mars 2008
Dolly Prane

Hier soir, Dolly ivre

juste assez pour aller voir ce garçon

juste un peu trop pour comprendre qu’il n’était en fait pas en train de me mettre un vent

M. Fox

Brève de comptoir (au boulot)

Mon boulot c’est le genre d’endroit où on se pose de grandes questions :

Pour une lesbienne d’un certain age, il faut dire madame ou mademoiselle ?

Faudrait voir à pas froisser nos clientes !

M. Fox

Prédictions

Janvier était le mois du sexe,
Février le mois du malheur,
Mars le mois de l’amour partagé,

Je sais pas si j’ai trop trop envie d’arriver en Avril !!

TacTac

Les aventures de TacTac (11)

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29 mars 2008
Jésus-Christ

Le video clip de “4 minutes to save the world” de Madonna et Justin Timberlake

En exclusivité sur Coquecigrue*, retrouvez le vidéoclip du dernier Madonna :

Dolly Prane

Le trou noir des soirées

C’est toujours pareil une soirée avec le Coxxiens* : on dit plein de trucs droles et le lendemain, au moment de poster, il ne reste dans la tête qu’une grosse barre due à l’alcool.

TacTac

Les aventures de TacTac (10)

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28 mars 2008
TacTac

A l’échafaud

On se regardait droit dans les yeux sans parler. Pas longtemps, car il était timide et déviait vite le regard.
On se regardait droit dans les yeux puis on regardait par la fenêtre. On regarder défiler Viroflay, Chaville et Sèvres. Des maisons, des arbres et des ponts, ce qui fait une ville quand les rues sont vides. Vitres embuées ou vitres taggées, le trajet était le même : monotone et menaçant. Car au-delà des petites maisons souriantes sourdaient les tombes béantes. Les froides tombes qui exigent au corps d’y tomber.
Avec Nicolas nous contemplions et rarement nous parlions. Prendre le train pour aller en prépa était ça : le chemin vers l’échafaud que la victime prend au matin.

27 mars 2008
Dicky Trace

Écoute ce que j’écoute quand je te déshabille du regard

Dans le métro, aux heures d’affluence, j’aime bien flirter avec des p’tits mecs (de preference tout juste majeurs), alors que j’écoute de la merde dans mon iPod : les yeux bien durs et profonds, bien perçants…
Mais dans le casque, je suis en transe sur du Lorie, du Jenifer ou de l’Alizée.

TacTac

Et je n’ai rien fait

Ecouter Zazie n’encourage pas forcément à l’écriture.

J’écoute J’étais là en loops depuis un quart d’heure, et depuis quatorze minutes mon imagination ne fait qu’un demi-tour. Mon stylo glissse diiiffficicilement sur le crnaet tant ce qu’il entend est net, limpide et aiguisé. Les mots tombent et tranchent l’air. Que peut bien y faire mon Bic ?

« Et je n’ai rien fait. »

Je vais me remettre à écouter du Jenifer.

26 mars 2008
TacTac

Comment tunner son scooter

On allait souvent boire des verres place du Marché. On commandait un Monaco ou une pression si vraiment on était des rebelles. On parlait scooters et gonzesses. Que des sujets que je maîtrisais à merveille.

« Tu l’as tunné ton scoot’ ?
- Ouais j’ai mis un nouveau pot et un nouveau cligno.
- Moi je viens de débrider mon vario.
- Ah ouais ? Mais t’as pas peur de te retrouver un jour avec des galets dans le carter ?
- Bof on verra.
- Et comment t’as fait alors ?
- Bah d’abord tu sais que le truc qui bride la transmission du scoot’ se trouve dans le variateur ?
- Bah ouais quand même ! C’est le truc qui empêche le vario de monter complètement !
- Ouais c’est ça. C’est ce qui explique que le scoot’ prenne des tours à partir de 30Km/h.
- Ok.
- Bah pour retirer cette bride, tu dois démonter le carter de transmission. Puis tu mets un bloc piston dans l’emplacement de la bougie et tu dévisses le vario.
- Ok je vois.
- Et alors là t’as plusieurs pièces sous la main. Tu verras la rondelle de bridage est située sur le canon du vario. C’est celle qui a le plus gros diamètre et la plus grosse épaisseur.
- Ouais ok.
- Bah alors tu la retires tout simplement et tu remontes le reste dans le bon ordre.
- Ah mais c’est facile en fait !
- Bah ouais.
- Mais les flics ils peuvent rien caler comme ça ?
- Bah si faut faire gaffe. C’est pour ça que y’a une astuce : faut que tu limes la rondelle de bridage, comme ça elle aura plus du tout d’effet.
- Ah ouais comme ça quand le flic regarde le truc il a l’impression que le vario est bridé alors que pas du tout car la rondelle est pas efficace.
- Exactement.
- Et sinon toi t’avais pas des problèmes avec ton anti-parasite ?
- Ouais je me l’étais fait chourrer.
- Ah merde. »

Ouais merde en effet car je n’y comprenais quedalle.
Mais bon ça me faisait plaisir d’être entouré de beaux garçons trop sympas et marrants qui parlaient scooters. Ils se foutaient gentiment de ma gueule à chaque fois en voyant que je ne comprenais rien à leur discussion. Mais bon parfois on pouvais parler ciné ou télé et là je pouvais me rattraper.

25 mars 2008
Andrew Pipen

White, nous pensons à toi.

Je sais que tu dois être en deuil, et ça risque pas de s’arranger: demain lors du match France - Angleterre, nous croiserons les doigts pour que notre pays gagne.
We ♥ you, White.

Andrew Pipen

Coeurs croisés dans le trou de l’espace #175


Jamais sans mes fibres - Juin 2002 - (c) Radio Nova