Petit moment tendre du soir. White et moi sommes enroulés dans la couette moelleuse. Mon chéri meurt de fatigue et a posé sa tête sur mon épaule, en quête d’un peu de réconfort. Comme je n’ai pas du tout sommeil, j’ai apporté l’ordinateur sans fil dans la chambre (honte à moi), et je surfe un peu.
- Tu as lu les posts de Video Girl? ai-je sussuré pour ne pas agraver son mal au crâne. Ils sont très drôles.
- Non, je n’ai pas le temps de suivre coxx* en ce moment.
- Tu veux que je te les lise?
- Oui, me répond doucement mon souffreteux en se calant encore plus confortablement contre moi.
J’explique le concept: d’“authentiques extraits d’un manuel scolaire catholique d’économie domestique pour les femmes publié en 1960″ confrontés à la rude réalité de 2008.
On glousse ensemble, on s’insurge sur le “souvenez-vous que ses sujets de conversation sont plus importants que les vôtres”. Mais je sens aussi l’esprit de mon homme qui dérive: il se prend à rêver.
- “Soyez heureuse de le voir. Accueillez-le avec un chaleureux sourire et montrez la sincérité dans votre désir de lui plaire.”
- Pourquoi tu fais jamais ça, toi?
- Tu rentres toujours pile quand c’est pas le moment…
White se retourne, prêt à sombrer. Mais avant, il murmure:
- C’était bien à l’époque… Vous preniez soin de nous, et vous vous mettiez des rubans dans les cheveux…
Et il s’endort.

