20 mars 2008
Amok

Ça m’fait plus mal, ça m’fait plus rien

Quand il est parti, il m’a fallu réapprendre à vivre seul. Je n’avais plus l’habitude de faire certaines choses, tout me semblait deux fois trop grand pour moi, et je ne savais vraiment plus quoi faire de ma petite personne. Je crois que le plus dur était de me réveiller seul dans mon lit : il y manquait quelqu’un et c’était comme si on m’avait amputé d’un membre.

La sensation de manque a duré duré duré duré, puis s’est estompée progressivement. Il m’est resté une impression bizarre, indéfinissable. Mélange d’amertume et de fatalisme. Je me suis progressivement enfermé dans une solitude protectrice. Je crois que c’est à partir de là que le froid est entré ; j’avais dû mal régler la température de ma bulle.

Depuis quelque temps déjà, je ne souffre plus du tout d’être seul. Je ne suis même plus envieux des amoureux que je croise, alors qu’ils se tiennent par la main. Non, ça ne me fait plus rien. L’Autre ne me manque plus ; je me sens totalement imperméable aux sentiments. Si on me regarde, cela me fait sourire. Et puis… rien.

Récemment, je crois que j’ai compris ce qui m’arrive : au fil des derniers mois, mon coeur s’est mis à battre de plus en plus lentement, jusqu’à s’arrêter. Aujourd’hui, je suis complètement mort à l’intérieur. Plus de chaleur, d’espoir ou de lumière ; juste un grand désert gris bien froid. Triste certes, mais complètement à l’abri de tout.

Le plus drôle, c’est que cela ne m’inquiète même pas. C’est juste comme ça, c’est la vie ; il y a plus grave. En vieillissant je deviens de plus en plus fataliste. Un seul petit regret : ne pas avoir célébré les funérailles de ma vie sentimentale. Cela aurait été sans doute l’occasion d’une très chouette teuf je pense.

1 commentaire à “Ça m’fait plus mal, ça m’fait plus rien”


  1. 1 Courrier de fan (14) - Coquecigrue*
    Pingback dans 6 mai 2008 à 7:53
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