Je ne compte plus le nombre d’événements singuliers auxquels il m’est permis d’assister, voir même de participer et dont les récits, quelque peu romancés, auraient leur place toute trouvée sur cet amphigourique blog communautaire, tant l’acuité de ses pensées, que je ne voudrais pas miennes et de ses penseurs, que je ne ferais pas taire, s’élève à un niveau d’insignifiance rare.
Cependant, malgré une concupiscence impétueuse, je ne prends que trop rarement la peine de les consigner sur ce blog. N’y voyez pas là le fruit d’une flemmardise aiguë, ni un manque de temps prétendu mais une volonté délibérée de l’auteur à ne pas vouloir partager ses tranches de vie comme une tranche de lard avec n’importe quel imbécile tombé sur ce site par hasard.
(D’ailleurs, on ne dit pas le plug à Tac Tac, mais le plug de Tac Tac. Cela dit et non ceci dit, à toute règle de grammaire française ses irréductibles exceptions, exemple : le parc Astérix (1).)
Et puis qu’à cela tienne, vu le temps je me suis dit, allons-y, faisons l’effort de raconter quelque chose.
Si j’avais un blog, j’y raconterais ceci :
Je vous préviens, cela risque d’être aussi passionnant qu’un reportage sur les infirmiers anonymes.
D’ailleurs, avant d’apprécier la lecture du court passage qui va suivre, j’aimerais que vous vous situiez l’action dans son contexte. C’était il y a quinze jours, environ, je sortais du boulot et il tombait des cordes sur Paris.
« Aujourd’hui j’ai cassé mon parapluie. En le repliant trop brusquement, à peine arrivé à l’abri, dans la bouche de métro. Ce n’était vraiment pas le moment, en pleine amorce de la saison des giboulées… Puis je me connais, je ne ferai pas l’effort d’en racheter un autre, pas même chez un petit maroquinier comme ça en passant. Je ne suis psychologiquement pas prêt pour ce genre d’achat. Malgré le besoin et l’utilité d’un tel objet, son acquisition ne peut se faire spontanément, il me faut y réfléchir et m’en persuader. Sans compter que je n’aurai aucune peine à penser que ce mauvais temps ne perdurera pas, qu’un parapluie prend finalement beaucoup trop de place et qu’on ne meurt pas à cause de quelques gouttes de pluie, même habillé en costard.
Enfin bref, à cet instant de ma vie, avec mon parapluie brisé dans les mains et en voyant toute cette pluie tomber, je me suis senti bien seul en me rendant compte que finalement, je ne connaissais personne sur qui compter en cas de pareil pépin. »
[à suivre]
(1) Rendons à César ce qui appartient à César, ce jeu de mot étant l’œuvre d’un certain L.D., ami dont je ne divulguerai pas le nom tant ce mec est une véritable raclure.