NOUS N’IRONS PAS (CETTE FOIS ENCORE) AU GRAN PARADISO
Une nouvelle fois, Sylvain m’amène dans une improbable aventure. Il veut rallier d’un trait le refuge du PRARIOND au refuge VITTORIO EMANUELE dans le GRAN PARADISO. Il ouvre la carte IGN et trace l’itinéraire :
- « on quitte la voiture au PONT St CHARLES (Val d’Isère), et on rejoint à ski le refuge du PRARIOND ou on passe la nuit. Lever à cinq heures, montée au COL DE LA VACHE, 3000 m, puis descente par le COULOIR DE LA BALLOTTA…
- hé, ça paraît raide, au moins 45° ?
- pas de problème, on mettra une main courante !
- humm…
- on traverse ce grand plateau jusqu’au col de la PUNTA FOURA, puis on descend les pentes du VALLONE DI SEIVA jusque là - on va s’éclater à ski - puis on remonte par là pour rejoindre le refuge VITTORIO EMANUELE à 2730 m. Il faudra sans doute déchausser car le terrain semble compliqué.
- Heu… Et tout ça dans la journée ?
- ouais, on est des bons ! » Sourire ravageur, grande tape dans le dos…Le grand plateau qui mène au col de la Punta Foura est interminable, l’endroit n’est pas fréquenté, nous sommes seuls ! Et quand on atteint enfin le col il est déjà 14 heures passé. On doit descendre à ski des pentes très raides, orientées à l’EST, et la neige qui chauffe depuis tôt le matin est complètement pourrie.
Sylvain tente quelques virages, il s’enlise jusqu’aux genoux. TROP DANGEREUX. On renonce. Demi-tour.
Il faut chercher un abri avant la nuit. La carte indique bien un barrage sur le LAGO SERRU. Le lac est sous la neige, mais on trouve une porte métallique entrouverte sur un local rempli d’eau. Il y a là un sommier métallique qui émerge juste, mais ça ira. On place une couverture de survie et on se glisse dans nos sacs de couchage. On se caille trop, alors Sylvain suggère de réunir nos sacs et de dormir ensemble. « on se réchauffera ». Je me blottis contre lui, il me serre fort dans ses bras. J’y crois pas, il parvient à dormir ! Pour moi la nuit a été blanche.
Le matin, brouillard, visibilité dix mètres. On doit se guider avec l’aide de la boussole et de l’altimètre. On profite des rares éclaircies pour retrouver le fameux couloir qui conduit au COL DE LA VACHE pour enfin redescendre sur Val d’Isère.C’est ma première nuit dans les bras de Sylvain. Ma tête dans le creux de son épaule. Bien sûr son étreinte n’était pas sexuelle, simplement un instinct de survie…
MAIS JE L’AURAIS UN JOUR, M. FOX, JE L’AURAIS !
François
Cette aventure me fait penser à une chanson de Cake…
To me, coming from you,
Friend is a four letter word
(Love)
et à une chanson de Suzanne Vega aussi…
Do you know where friendship ends
and passion does begin?
When the gin and tonic
makes the room begin to spin.
(oh yeah)
Deux chansons chères à mon coeur, qui parlent de la fine frontière qui sépare amour et amitié.
J’espère que tu n’as pas trop la tête à l’envers après cette aventure si tendre, très cher François.
La prochaine fois, Sylvain te donnera-t-il un baiser ?


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