Archives pour avril 2008Page 2 sur 5
Salut les nazes, ici c’est formidable, les hommes regardent ma blondeur d’un air admiratif, il ont construit des pyramides mais elles ne sont pas creuses, ils ont fait des routes mais elles sont pleines de trous, ils ont un desert mais plein d’arbustes dedans, ils ont des coktails bizarres, des voitures fabuleuses, et le soleil partout.
J’espère que Paris semble creux et vide depuis que je suis partie.
Votre Dolly
Amok, Limoges, vous êtes sûrs que vous ne voulez pas venir vous installer au Mans?
En ce moment ça semble être la nouvelle phrase à la mode chez les hommes hétéros que je rencontre : je suis compliqué. Qu’est ce que tu veux répondre à ça, alors que la sentence vient de jaillir tandis qu’au fond de ma tête il n’y a rien de plus qu’une projection totalement lubrique de la nuit à venir? Est ce que ces hommes pensent systématiquement que j’ai envie de me caser à tout prix et se sentent obligés de me prévenir qu’ils n’ont aucune promesse à me faire? Ou alors ils me croient trop bête pour réussir à les comprendre, eux et toute l’étendue de leur complexité?
Généralement au lieu de répondre je me contente de sourire, alors que j’aurais plutôt envie de leur dire “Je m’en cogne, montre moi tes fesses d’abord”, ou “Arrête de tromper ta copine et déjà t’élimineras un problème - ou quittes-la, au choix-” ou encore “On commence juste à penser à sortir ensemble, qu’est ce qui te fais croire que j’aurais envie de rester plus d’une nuit avec toi (ou une semaine, s’il est vraiment torride)?”.
Pour moi, la situation n’est pas compliquée : je veux de la franchise, et de la simplicité.
Dolly : Mes amis, je me sens incroyablement associale ce soir, c’est horrible !
M : Ah bon, mais qu’est ce qui se passe ?
Dolly : Je sais pas, ya que des moches à cette soirée…
Ce serait une fille, ou un garçon qui aime les garçons.
Il serait prof, ou travaillerait à mi-temps, ou serait au chômage: bref, il aurait du temps pour qu’on sorte le mercredi après-midi.
Il aurait son propre appartement, et y vivrait seul: nous pourrions y passer des soirées rien que tous les deux, quand White serait chez Victor à parier sur les courses de Vincennes.
Il serait fumeur et on aurait le droit de fumer chez lui.
Il aimerait aussi le vin rouge.
Et il aurait plein d’histoires à raconter, des histoires de coeur et des histoires de cul. Il saurait juger les gens et les critiquer.
Comme ça, on passerait des moments merveilleux, la nuit tombée, à dire du mal de nos connaissances, en grillant clope sur clope et en se descendant une bouteille de bordeaux.
1- Pour ne plus avoir une vie de quartier mondaine et connaître le prénom de tous les vendeurs de rose de la ville
2- Pour avoir un coca quand on commande un coca et pas systématiquement une bière, bordel !
3- Pour ne plus mettre 3 heures pour se garer, même au parking à 20€ de l’heure
4- Pour ne plus voir les videurs, serveurs, managers et les clients tirer la tronche quand ils vous voient vous amuser
5- Pour ne pas se faire voler un paquet de clopes en fumant dehors
6- Pour ne pas se faire voler sa veste quand on est parti fumer dehors
7- Pour ne pas se faire voler sa bière quand on est parti la pisser aux toilettes
8- Pour ne pas se faire surnommer l’éponge dès qu’on mets un pied dans le bar
9- Pour pouvoir entrer en boîte hétéro sans le traditionnel “t’es un mec ? (comme si ca se voyait pas), tout seul ? (comme si ca se voyait pas non plus), tu rentres pas ! (et toujours finir par entrer seul)”
10- Pour pouvoir entrer en boîte homo sans le traditionnel “t’es un mec (comme si ca se voyait pas) ? tout seul ? (comme si ca se voyait pas non plus) tu rentres avec moi ? (et toujours finir par entrer seul)”
Lorsque j’étais petite, ma maman au foyer disait que la seule chose qu’elle n’aimait pas dans le ménage, c’était passer l’aspirateur.
A l’âge adulte, j’ai compris pourquoi. Bien sûr, rien ne me plaît dans le fait d’entretenir un appartement: ni le plumeau pour faire les poussières, ni la serpillère pour laver le sol, ni la vaisselle à laver, ni les draps à changer, ni le linge à mettre dans la machine et à en sortir (il y reste parfois deux jours avant que je me décide à l’en extraire, puis il stagne dans coffre où je pioche des vêtements propres au jour le jour, jusqu’au week-end où je me décide enfin à le plier et le ranger dans l’armoire). Mais la vraie corvée, c’est passer l’aspirateur.
Il faut d’abord aller le chercher dans le placard. Se courber pour dérouler le fil, et le brancher. Changer de prise à chaque fois que j’entame une nouvelle pièce. Déplacer les canapés. S’applatir à terre pour le passer sous le lit ou le buffet. Le bruit est assourdissant. Et parfois, lorsque vraiment la bête ne peut plus faire fonction, il faut se résoudre à lui ouvrir le ventre, retirer le sac gonflé et en replacer un, qui ne tient jamais, qu’il faut remettre plusieurs fois en place avant qu’il accepte enfin de se remplir de poussière.
Or, dernièrement, en ouvrant le placard à aspirateur, je me suis rendue compte que là, au fond, dissimulé derrière la planche à repasser (une autre corvée que je laisse à une femme chez qui White porte ses chemises), il y avait un balai. Au long manche rouge, et avec des poils bleus et noirs. Nous possédions un balai! Depuis quand?
Je me suis emparée de cette merveille. Plus de bruit! Juste la douce sensation des brins qui caressent le sol.
Un balai, c’est beaucoup plus facile à manier qu’un aspirateur. C’est plus léger, ça atteint les coins difficiles, et ça retire même la poussière qui s’est accumulée sur les plinthes. Maman ne pouvait pas connaître la joie de renoncer à l’aspirateur: dans les années 80, la mode était aux moquettes.
J’aime mon balai. A la pleine lune, je me posterai sur mon balcon, j’enfourcherai le manche, et j’essaierai d’aller faire un petit tour dans le ciel.
C’est horrible d’arriver à l’heure le matin, le café n’est pas encore prêt.
On ne m’y reprendra plus !
Du coup, cette semaine, je suis remontée à Paris, et j’ai passé d’excellents moments avec les copains.
La solution: passer 4 jours chez mes parents à chaque période de vacances?
Sa mère s’occupe de lui, histoire de lui faire passer l’envie d’arracher le papier peint de la salle de bain au milieu de la nuit.

De mes souvenirs de concert, pas un de ceux enfouis dans le tréfonds de ma mémoire ne fut pareil à celui d’hier. Plus qu’une déception, une véritable colère et pourtant, je suis déjà allé à la Fête de l’Huma.
Si un homme averti en vaut deux, je devais certainement être le troisième car la salle du Bataclan était loin d’être pleine. Nombreux d’ailleurs furent ceux qui partirent avant la fin, déboussolés et agacés par l’arrogante espièglerie de cette américaine de mes deux, qui, au passage, nous les aura bien brisées.
Au départ j’ai acheté des places pour ça:
Et bien il faut voir la soupe qui nous fut servie sur scène. Même les marginaux de l’église Saint-Eustache en auraient appelé à la grève de la faim.




