4 mai 2008
Jean-Mich Much

Je vieillis

Lorsque j’étais lycéen ou jeune étudiant, j’allais à la bibliothèque Beaubourg, surtout pour draguer. La bibliothèque est je trouve un lieu fort idéal. Que ne se dit on pas dans l’intimité des chuchotements, des conversations sans fins relayées par le biais de pages de cahier déchirées, des regards échangés entre deux rayons de bouquins, des révisions annihilées par de doux parfums printaniers et fous rires incontrôlés. Malgré tout, rien à faire, pas la moindre conquête en ces lieux littéraires. Je les croyais studieuses alors qu’elles étaient ambitieuses.

Je suis retourné dans cette bibliothèque tout récemment, cette fois pour y potasser réellement. Quelle ne fut pas mon étonnement de surprendre à plusieurs reprises s’estomper comme une envolée de pigeons, à chaque fois que j’ôtais les yeux de ma lecture, quelques regards attendris de jeunes demoiselles pensives. Que voulez-vous, les filles ne sont attirées que par les hommes plus âgés qu’elles, alors forcément, un mec approchant de la trentaine au milieu de ces étudiants, cela se remarque forcément.

Que ne fut pas ma joie, dans mon fort intérieur, de prendre sur le temps passé une revanche mémorable en toisant leur jeune âge du regard d’un mépris inexorable sous entendu: “pauvres filles”. Je vous en ai voulu, je vous ai eu.