Archives pour juillet 2008

31 juillet 2008
TacTac

La paupière de Thom Yorke

Je me suis aperçu que depuis de longs mois je ne ressens un véritable épanouissement qu’en écrivant ou en me promenant dans la rue le casque sur les oreilles. Cela a de quoi me faire flipper.
Dans ma bulle, mes sensations intactes, je les dissèque, je les savoure ; dans ma solitude de vieux garçon.

Je me sens triste, je mets une chanson. C’est devenu un réflexe chez moi, une évidence, je mets de la musique pour simuler une présence.
Je tape « happy » dans iTunes. Je tombe sur Happy ending de Mika. Ca n’a rien d’happy mais c’est pour ça que je l’écoute jusqu’au bout.

J’ai passé mon samedi dans un clip des Chemical Brothers, la vie au ralenti. Après avoir passé trois heures à pleurer, je suis sorti dans la rue. La déprime d’été a ça de bon qu’elle se passe au soleil. Une voiture s’est arrêtée pour me demander son chemin ; je ne l’ai remarquée que lorsque son chauffeur m’a insulté. Non je n’ai pas pris de cachets. En revanche j’ai bien remarqué le taxi qui a failli me renverser et lui ai crié dessus avec la violente vulgarité qui peut me caractériser. Les mots marquent plus les esprits qu’un capot défoncé.



Je crois que je suis en train de perdre mon œil droit. C’est pourtant celui avec lequel je vois le mieux. Depuis deux jours il ne fait que pleurer ; je devrais penser à aller consulter. J’espère qu’une bestiole ne s’y est pas logée, comme il avait pu arriver à mon frère par le passé.

Après avoir retrouvé un temps le sourire avec quelques amis chez un Japonais, je me suis écouté mon idole Anglais. Celui qui ne me fera jamais complexer sur un œil trop fermé. La paupière de Thom Yorke me fait fantasmer. Et en l’entendant chanter deux fois à Bercy je me suis dit « Je pourrais rester à vie avec un homme comme lui ». Mais un homme aussi beau ne se trouve pas au coin du caniveau.



Alors je ferme un œil sur le quai du métro et vois la plus belle aveugle qui soit la canne blanche au bras. Apprêtée comme un dimanche, sa tenue est parfaitement coordonnée, les couleurs de son sac s’unissant à merveille à sa robe imprimée. Pour ainsi marier les couleurs elle doit être aidée. Pour ainsi manier le bonheur elle doit être aimée. La belle aveugle du quai bondée s’assiéra sur un strapontin dans sa timidité.

Au moment de me coucher j’ai enfin compris. Alors dans l’obscurité où pleure mon œil droit, je m’allonge dans mon lit et ai trouvé ma chanson. Everything in its right place dans mes oreilles pour m’endormir. There were two colours in my head today.
Je n’en entends pas la fin et m’endors pendant. Car tout retrouve sa place à la fin des journées, même dans le plus grand bordel des samedis aveuglés.

30 juillet 2008
M. Fox

Sur l’oreiller, à fêtecity

Lui : Tu as déjà un chat ?
Moi : Mhmh, non…
Lui : Ben maintenant tu m’as moi !

29 juillet 2008
M. Fox

La poésie, bientôt discipline Olympique ?

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Photo : Théo

M. Fox

Là où on s’aime, il ne fait jamais nuit

Chaque nuit, lorsque le sommeil tarde à venir et que ton absence fait s’entrechoquer mes pensées, je m’allonge sur le flanc gauche, pour sentir battre mon cœur. En fermant les yeux et en invoquant ton image, je m’imagine que c’est ton cœur que je sens battre ainsi tout contre moi.

Tu es dans mes bras et je m’endors apaisé.

28 juillet 2008
M. Fox

Les coxxiens vous recommandent…
(ou pas)

A goûter d’urgence !

FoufouneKebab.jpg

Photo : Ratapignata

M. Fox

Comment voyager avec un renard

Un petit clin d’œil à l’illustre Umberto Eco qui voyageait avec un saumon, et qui tentait - non sans mal - de faire admettre ce fait comme normal à une compagnie aérienne…

J’ai tenté l’aventure avec un renard en métal de 8 kg !

Soyons francs, je le sentais mal, en notre ère post onze septembre, les bagages à main sont strictement contrôlés, il est interdit d’amener un couteau suisse ou même une bouteille d’eau dans l’avion… Transformant mon renard en défi, après avoir longuement été tenté de l’abandonner sans autre forme de procès à l’aéroport, j’ai demandé poliment à Air Frousse (la compagnie qui fait peur, qui lors d’un de mes derniers vol intérieur avait transformé mon sac de voyage en genre de panini couvert de traces de pneus) si je pouvais prendre mon renard, intitulé pour l’occasion “une sculpture en métal, plutôt fragile” en tant que bagage à main même si tant en terme d’encombrement qu’en terme de nature (le papier métallisé de mon paquet de cigarettes arrive à faire biper les portiques de sécurité des aéroports, alors imaginez 8 kg de métal moqueur et facétieux…) il ne correspond pas DU TOUT à l’archétype des objets acceptables dans un avion.

Poliment, l’hôtesse chargée de l’enregistrement des bagages m’envoie voir ses collègues de la sécurité. Je les informe de mon souhait de voyager avec un renard. Celui-ci et son emballage artisanal sont aussitôt passés aux rayons X. Ils constatent, hilares, que c’est effectivement un renard. Passées quelques blagues absurdes des agents de sécurité “Il est vacciné au moins ?”… Ceux-ci me disent que mon renard est “une arme par destination”, ce à quoi je rétorque que dans ce cas, n’importe quoi peut être qualifié ainsi : du dictionnaire au stylo-bille en passant par la boule de pétanque…

Haussant les épaules, mes sympathiques agents approuvent le bien fondé de ma remarque et appellent leur supérieur : “Allo, X. ? Est-ce que tu peux descendre, on a un client avec un colis inhabituel ici, il dit que c’est un renard en argent et que c’est très fragile”. En attendant ce brave X, mon frère, Igor Tourgueniev, jamais à court de blagues, en fait des tonnes, genre sur le nombre de bâtons de dynamite qu’on peut faire entrer dans l’avion en les cachant derrière le renard pour les dissimuler aux rayons X… Déjà plutôt stressé, je le supplie de se taire, au moins quelques minutes.

Le responsable de la sécurité arrive. Il soupèse le renard et examine distraitement la photo qu’en ont pris les dispositifs de sécurité de l’aéroport : “c’est bien un renard”. Il nous examine, moi et mon frère crypto-terroriste que j’ai enfin réussi à bâillonner à coup de regards qui tuent, pour jauger le danger qu’on peut représenter dans un avion. On semble avoir passé l’examen avec succès vu qu’il déclare après un moment “c’est bon, vous pouvez embarquer avec lui”. Comme quoi si voulez voyager avec des trucs interdits, je vous conseille l’air débraillé et le regard vague du mec mort de fatigue. Ca a marché pour moi.

Au moment d’embarquer effectivement (j’avais prévu large, pour pouvoir parlementer avec les autorités et débrouiller mon épineux problème de renard), le renard passe sans problème “Vous avez vu avec le responsable ? Alors c’est bon !”, par contre moi et mon frère c’est une autre histoire : on a failli finir à poil tant les détecteurs étaient sensibles, vas-y que je te demande d’enlever ta ceinture, tes chaussures, ton portable… Un grand moment qui donne envie de devenir exhibitionniste-en-aéroport.

Vivement mon prochain vol sur Air Frousse (pour manger on a eu deux biscuits, c’était plutôt Air Régime, maintenant que j’y repense…) et de nouvelles aventures !

24 juillet 2008
TacTac

La pompière de Saint-Fargeau

Je rentrais à trois heures du matin d’une soirée où j’avais pécho dégun. Je m’étais d’ailleurs dit : « A une soirée hétéro je fais tâche dans le lot. Parmi leurs jeux de séduction, j’ai bien l’air con dans leur salon. » Alors je me suis mis à charmer des filles, mais des mignonnes attention, c’est pas parce que je suis gracile que je ne sais pas détecter de moches cons. Etre pédé ça ne vous rend pas Sheila jolie, un peu plus sympa je veux bien merci.

Donc je rentrais de taxi d’Argentine – ça fait un peu cher la course je sais, quand le chauffeur m’a déposé à Saint-Fargeau sur la 3bis pour le métro. Cette ligne qui ne sert à rien, ce métro privé sans strapontin, sans affluence et Parisien, c’est mon métro à moi le mien. Et en plus il dessert la caserne des pompiers la plus moderne de la cité : des baies vitrés et des camions qui font rêver astiqués en plein soleil par des torses bombés. Par les joggeurs préférés de mon quartier, ceux qui me donnent le sourire lorsque je vais travailler. Ca c’est la caserne de mon pâté. Pâté de maisons ou de mon patelin, j’aime les pompiers de Fargeau-Saint.

Mais à trois heures c’est autre sport pour les sauveurs. C’est sport de rampe, c’est sport de crampe, c’est sport pour celle qui les écarte. Et un, et deux, à ton tour mon beau, la prostipute ouvre cuisses au Mont-Fargeau. Car en passant devant la caserne en pleine nuit, c’est deux pompiers qui raccompagnent la jolie. Jolie rousse un peu flétrie, vulgarisée jusqu’à l’ennui. Sa jupe est assez short pour ouvrir les portes du gros camion qui téléporte. Son manteau est transparent comme à Boubou, comme celles qu’on ramasse dans des cars à bout. C’est évident c’est une grognasse, putassière des masses militaires qui fait la passe. Passe de bras en mains et en claques : « J’embrasse pas, c’est toi qui raque. »
Pour moi c’est clair les pompiers à côté de chez moi s’envoient en l’air avec la fille de joie.

Et dans mon sang alcoolisé j’n’ai qu’une idée : la remplacer. Je l’envie, je veux être elle, je veux être cette putain officielle. Et non celle qui se tapie chez elle, dans les noirceurs des logiciels :
« slt tu ch ?
- un plan rapide, un septième ciel »

Je veux être elle car j’veux la beauté, j’veux tous ces beaux hommes esseulés, entre mes bras les rassurer. Mais j’oublie qu’elle, la sainte-maquerelle, n’a jamais voulu ouvrir son ciel. C’est juste la foudre qui la percée, la transpercée et retournée dans sa violence spontanée. Sa chienne de vie elle a bavé et c’est loin d’être terminé.

Alors je veux, je veux être elle, mais juste un temps pour voir son ciel ; la pompière de Fargeau-la Belle.

21 juillet 2008
TacTac

La petite voix

C’est AMLOC* qui m’a poussé à écrire ce billet. Il m’a envoyé un mail pour me demander quand est-ce que j’allais revenir. C’est le genre de mail qu’il faut m’envoyer.

Je n’ai pas arrêté d’écrire, j’ai toujours mon carnet sur les genoux dans le métro. Je suis juste sur un autre projet, plus grand, mais pas plus prometteur. Je ne promets rien en écrivant ce recueil de nouvelles, je ne promets pas qu’il plaira ou qu’il sera publié ; mes ambitions ont bien changé en dix ans.
Lorsque j’avais dix-huit ans et que j’avais déposé mon manuscrit à l’accueil de Gallimard je m’étais moqué de la nana derrière moi, « Les Feux de la Passion » : ridicule le nom de son roman. Moi j’avais un avantage sur elle : j’étais jeune. Oui mais je ne savais pas écrire. Je savais sentir, absorber le réel autour de moi, m’imprégner du vécu des inconnus, mais je ne savais pas le retranscrire. J’écrivais « navire » au lieu de « bateau » et mon écriture n’était pas sincère. Alors un jour j’ai écrit « Putain ! » au lieu de « Diantre ! » et c’en a été que meilleur : j’ai commencé à écrire comme je pensais. J’ai commencé à écrire ce que la petite voix dictait en moi.

Et la petite voix me dicte aujourd’hui de revenir doucement vers vous.
Merci AMLOChou.

* A Mysterious Lecteur Of Coquecigrue*

19 juillet 2008
M. Fox

Factuel

Rencontré sur la route deux garçons. Ulysse et Paul. Paul est superbe, Ulysse est drôle. Ils me proposent un plan à trois. Après une courte réflexion, je refuse, histoire de ne pas rater mon avion demain.

18 juillet 2008
M. Fox

A propos des violons

Lui : Pourquoi ce texte ?
Moi : On dirait tellement moi quand je m’emballe.
Lui : Moi je n’ai plus envie de m’emballer,
mes lèvres sont sèches.
Moi : Hihi, on ne peut faire autrement
Les poètes aspirent à l’abîme écrit Thomas Mann, je crois qu’il a raison
Lui : Mais comment, comment peut-on m’aimer ?
comment peux-tu encore m’aimer, et me supporter ?
Moi : Un peu de sang de poète en moi aspire à ton abîme, je vois que ça :P

17 juillet 2008
M. Fox

Les violons

- Tu les entends, les violons ?

Pourvu qu’il dise oui, pourvu que son cœur comme le mien batte à tout rompre. Pourvu qu’il rêve de me prendre dans ses bras, de sentir l’odeur de ma peau et de caresser mes cheveux. Je veux qu’il nous imagine heureux, ensemble et pour toujours. Ah, j’aimerais tant ! Mais le voilà prêt à répondre, ses lèvres s’entrouvrent. Elles sont pulpeuses, exquises, des lèvres qu’on voudrait caresser avant de les embrasser. Des lèvres parfaites qu’on voudrait savoir peindre, pour les montrer aussi belles qu’on les voit. Chefs-d’œuvre de la création, preuves de l’existence des dieux, douces comme le rêve d’un ange endormi sur une fleur. Mais chut, esprit malade, il parle à présent :

- Des violons ? Non, je n’entends rien, désolé.

M. Fox

Adoptez un homme marié
(ou pas)

Moi : Sais-tu ce qui nous manque pour être heureux ?
Lui : Quoi ?
Moi : Un bébé dans la maison !
Lui : Je ne saisis pas le rapport.
Moi : Mais si, de cette façon, l’esprit de ta femme sera occupé ! Et tu pourras sortir avec moi, ça lui sera complètement égal !

Sumiré

Comment neutraliser le TDC - leçon 4

Cette leçon demande un peu d’équipement et de la précision. si votre TDC est trop rapide à se déplacer dans son fauteuil roulant, pensez à la fléchette anesthésiante au préalable.

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score :
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TacTac

La possibilité d’un Il

« Je ne t’avais jamais vu comme ça. Tu buvais ses paroles et surtout, tu le regardais vraiment. Tu le regardais VRAIMENT. »

Lorsque Matoo m’en a parlé et qu’il a plaisanté en disant qu’il l’intégrerait dans un post, j’ai répondu avec une fausse humilité qu’il n’y aurait pas grand-chose à écrire dessus pour que lui-même me réponde qu’en effet ce serait limité. Nous anticipons les dialogues avec Mathieu ; nous nous connaissons bien nous deux.

Parce que lui comme moi savons que ces regards que j’ai eu envers ce garçon ont leur importance. Et bien que ce soit mort de chez mort lorsque j’apprends qu’il a un mec et qu’il vit avec depuis deux ans, il est rassurant de constater que j’arrive encore à m’intéresser à un garçon. A un seul.

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« Rédhibitoire. » C’est un mot que j’ai appris à Isabel l’autre soir. Jeune Allemande aux traits furtadiens qui buvait elle aussi mes paroles entre ses fines lèvres. « Rédhibitoire c’est une chose sur laquelle tu ne peux pas passer outre. Comme la gourmette ou les chaussettes pendant l’amour. » La Chandler attitude qui te rend coupable un poireau sur le sourire du Prince Charmant. L’intransigeance ne fera jamais bon mariage avec l’amour.

Il avait l’air sain lorsque j’y repense. Lorsque j’y repense il avait l’air de ces garçons qui n’ont pas le même parfum que moi. Pas ce parfum de la centaine d’amants qui ont laissé sur ma peau ce nectar repoussant. Car sur le coup je n’ai pensé à rien ; j’ai juste écouté. Je n’ai pas cherché à impressionner, je n’ai pas cherché à réguler mon naturel, j’ai juste été en ce 21 juin. J’étais là en dehors du temps, de la nuit la plus courte et de la musique frénétique. Juste été avec quelqu’un, même si c’était pour de faux.
Et c’est qui m’a manqué pendant des années, être deux, même si on ne l’est que dans ma tête. Alors même si ça ne sera pas avec ce garçon, on va quand même essayer, on va essayer d’être heureux à deux.

Car tout seul je sais déjà faire.

16 juillet 2008
Sumiré

Twilight zone

Ce matin j’avais rendez vous pour une réunion d’information assedic/anpe. Le rendez vous étant à 9h15 à Gambetta, j’étais déjà moyennement emballée puisque ayant l’habitude d’être vers 10h ailleurs moins au nord de Paris.Comme la fille organisée que je suis, je prépare la veille mon trajet sur le site de la ratp, qui me dit de prendre le bus à côté de chez moi, c’est direct. J’arrive donc ce matin la marque de l’oreiller sur la joue devant un arrêt de bus désert, et pour cause, il est déplacé quelques 200 mètres plus loin. Retour sur mes pas jusqu’à l’adresse indiquée, je vois passer le bus en question au milieu de la foultitude de voitures chassées des quais par Paris-Plage, mais malheureusement je ne suis pas du bon côté de la route et je le loupe, et me disant c’est pas grave yen a d’autres. Certes. A la condition de le trouver, l’arrêt de bus provisoire. Ils avaient indiqué face au 44, et tout ce que j’ai pu trouver face au 44 c’est un morceau de scotch sur un tronc d’arbre qui avait dû retenir quelque chose à une époque.

Déjà en retard je me décide à aller prendre le métro, à 10 bonnes minutes de marche de là où j’étais, et je fini par arriver à l’agence anpe après m’être un peu trompée de rue avant, avec un tout petit quart d’heure de retard. Personne à l’accueil, ni disposé à me renseigner, je file, en nage, vers une salle pleine de monde, qui s’avère être la bonne. Je m’assieds, lève les yeux vers l’agent et me retrouve face à un bossu nain. J’apprends ensuite que le deuxième agent censé assurer la réunion n’est pas là, et personne ne sait où il est et nul n’entendit jamais plus parler de lui.

La réunion commence et tout de suite une sorte de vieille anarchiste syndicaliste prend la parole, pour ne plus la lâcher ensuite, afin de se plaindre et de faire part de son expérience mathusalémique, tout en commençant chacune de ses interruptions par “je ne veux pas parler que de mon cas, mais je pense que ça peut intéresser tout le monde, enfin ceux à qui ça ne plait pas vont quand même entendre ce que j’ai à dire”. Après qu’elle eut fini d’expliquer qu’elle travaillait dans le cinémaaaaaa et que sont métier n’avait pas de nom en français, office manager, enfin je fais de la régie quoâââ, et que la moitié de la salle ait menacé de la lapider si elle ne la fermait pas tout de suite, la réunion réussi à cahoter jusqu’à son terme. Tout ça pour se terminer sur la conclusion que, après avoir parlé de mon cas à Bilbo l’agent anpe, que je choisisse l’une ou l’autre solution, ça revenait au même, et qu’effectivement pour mon métier, l’anpe c’était pas super mais qu’il n’y a rien d’autre.

Mais finalement, à côté de la fille qui va se voir proposer des postes de secrétaire parce qu’elle a fait ce job alimentaire pendant deux mois alors qu’elle est formée pour bosser dans un musée, j’ai plutôt de la chance. Et au pire, je pourrais toujours envoyer Salopa aux prochaines réunions pour moi.