Archives pour l'auteur «Jean-Mich Much»

22 juin 2008
Jean-Mich Much

Solstice d’été

Hier nous fêtions l’été, jour le plus triste de l’année.

Il marque le commencement de la diminution des jours, lente et inexorable descente aux hivers.

Et oui, à partir d’aujourd’hui les jours décroissent. Moi ça me brise le moral.

Vivement le 21 décembre.

12 mai 2008
Jean-Mich Much

Suite à la séance Green Paradise de ce soir…

Jean-Mich Much

Bibliothèque rose

Extrait de “Oui-oui et le Gendarme” d’Enid Blyton:

Zim, le chien en peluche, vient d’être renversé par une bicyclette. “Je vais le soigner! s’écrie Oui-Oui, le petit bonhomme en bois.

- Comme il l’air gentil!” ajoute Mirou, la petite ourse. Gentil, sans doute.

Mais Zim est aussi très turbulent. Paf!… il donne des coups de queue. Boum!… il renverse Oui-Oui. Lap-Lap!… il lèche le nez du gendarme.

 

“Dis moi, Oui-Oui, que faisais-tu donc hier au milieu de la nuit?”

Le gendarme a l’air bien fâché ce matin : il accuse Oui-Oui d’avoir pillé le garde-manger de Mlle Chatounette. 

4 mai 2008
Jean-Mich Much

Je vieillis

Lorsque j’étais lycéen ou jeune étudiant, j’allais à la bibliothèque Beaubourg, surtout pour draguer. La bibliothèque est je trouve un lieu fort idéal. Que ne se dit on pas dans l’intimité des chuchotements, des conversations sans fins relayées par le biais de pages de cahier déchirées, des regards échangés entre deux rayons de bouquins, des révisions annihilées par de doux parfums printaniers et fous rires incontrôlés. Malgré tout, rien à faire, pas la moindre conquête en ces lieux littéraires. Je les croyais studieuses alors qu’elles étaient ambitieuses.

Je suis retourné dans cette bibliothèque tout récemment, cette fois pour y potasser réellement. Quelle ne fut pas mon étonnement de surprendre à plusieurs reprises s’estomper comme une envolée de pigeons, à chaque fois que j’ôtais les yeux de ma lecture, quelques regards attendris de jeunes demoiselles pensives. Que voulez-vous, les filles ne sont attirées que par les hommes plus âgés qu’elles, alors forcément, un mec approchant de la trentaine au milieu de ces étudiants, cela se remarque forcément.

Que ne fut pas ma joie, dans mon fort intérieur, de prendre sur le temps passé une revanche mémorable en toisant leur jeune âge du regard d’un mépris inexorable sous entendu: “pauvres filles”. Je vous en ai voulu, je vous ai eu.

3 mai 2008
Jean-Mich Much

Lettre ouverte à un infirmier

« Coxigru c’est 98% nul à chier, on est d’accord, ils ont du être hype une grosse quinzaine, en 2005. C’est dommage, ils ont tout : le look, les bannières, le lectorat gay, les allusions, les bons liens, la volonté d’être hype, il manque juste un peu de talent.

Je le lisais surtout pour la prof qui racontait ses journées et son mari qui joue aux courses. Hier, en effaçant le lien, j’ai voulu voir si ça continuait toujours. Je crois que le pire, c’est celui qui écrit des pensées métaphysiques façon Mylène sur la mort, au passé simple, en finissant régulièrement par « il faut quand même que je me décide à écrire mon roman ».

(Si ça se trouve, je l’ai croisé, pardon chouchou)

Signé Ron l’infirmier »


Cher William,

Rares me sont offertes les occasions de correspondre en toutes lettres avec des persona non grata relevant du corps médical, si ce n’est pour remplir un chèque à l’ordre de mon médecin traitant et sans insultes s’il-vous plaît. Je ne m’abaisserai pas à comparer la rédaction de la présente au remplissage de mes feuilles de soins, mais sachez que le cœur y est. Ne croyez pas, à travers la plume de cette lettre, trouver le souffle impétueux d’un admirateur transis par votre célébrité bloguesque, qu’il aurait difficilement, mais brillamment, su taire jusqu’à présent, tel un secret médical en son corps défendant, mais une simple réponse à la diatribe ci-dessus citée par laquelle vous affublez l’élite coxxienne* (qui vous emmerde) (enfin une partie… en fait on doit être deux ou trois pas plus… bon allez, quatre à tout casser…. non je dis ça parce que sinon ça risque de tourner au drame).

« Asinus Asinum Fricat », telle est votre devise. Pour les incultes ou les maçons, la traduction française serait : « L’âne frotte l’âne ». Cette expression se dit de deux personnes qui s’adressent mutuellement des éloges outrés. Cela tombe très bien. D’ailleurs, à ce propos, sachez que je suis moi-même propriétaire d’un âne, que j’ai baptisé Nanasse. Mais nous nous éloignons du sujet.

Pour en revenir à nos moutons, nous ne pouvons que nous féliciter de la teneur enjouée de certains de vos propos. En effet, en précisant que notre blog est à « 98 % nul à chier », nous restons à vos yeux à un niveau de satisfaction de 2%. C’est beaucoup trop d’honneur, surtout de la part d’un auteur dont l’acuité ne dépasse guère la taille de sa blouse d’infirmier. Et là de vous entendre par avance me répondre : « Les infirmiers, tout comme les infirmières d’ailleurs, ne portent plus de blouses ». Ne pensez pas pour autant que mes fantasmes s’estomperont à travers de quelconques pantalons à la con !

Cela dit vous auriez raison. Il serait bon de cesser avec tous ces préjugés colportés à l’encontre du corps soignant qui sait s’amuser, tout comme bon patient, le corps en saignant. J’en ai fait un jour la malheureuse expérience vous savez. C’était en novembre, alors que je passais d’agréables vacances dans la péninsule des Balkans, je dus me rendre par mes propres moyens aux services d’urgences de l’hôpital de Sofia, à la suite d’un accueil trop chaleureux teinté d’effluves de Zagorka. Quelle ne fut pas ma déception à la vue des infirmières locales, dont j’attendais l’arrivée d’une excitation à l’autre, cloîtré à demi-nu sur mon brancard de fortune. Je dois bien l’avouer, les infirmières bulgares n’ont rien de semblable avec l’image que m’en avait donnée d’elles un certain Marc Dorcel. Fin de la parenthèse, vous pouvez respirer.

D’après vous, nous avons tout, sauf le talent. Nous apprenons donc ainsi qu’un blog se doit d’être talentueux pour susciter de l’intérêt. Mais qu’est-ce que le talent à ce niveau là ? Il est vrai que nous n’avons pas, hélas, votre talent pour tenir aussi bien que vous un blog dont le niveau de culture ne dépasse pas la sixième chaîne, c’est dire le talent d’insignifiance rare.

Vous vous défendez de n’être retourné sur notre site que par hasard, à la suite d’une sombre histoire de lien à effacer dans vos favoris. Il n’y a pas de culpabilité à avoir en se rendant sur notre site vous savez. On se salit moins les yeux à lire notre blog que les mains en parcourant votre bouquin.

Vous noterez que si j’égratigne au passage votre degré d’acuité infertile, je ne m’attarde pas sur votre égo surdimensionné dont l’exégèse serait trop aisée à rédiger. Je peux bien me moquer de beaucoup de choses, mais certainement pas de cela, après tout, l’égocentrisme n’est que l’apanage des esprits étriqués, palliatif naturel à un manque de… de… de je ne sais pas. Non en fait, il n’y a aucune excuse à cela.

Bien entendu, n’attendez aucune salutation, même distinguée, de ma part, pour ponctuer amicalement cette lettre. J’ose espérer que l’occasion m’en saura donnée autrement que derrière un clavier. Je veux bien être con, mais certainement pas lâche.

2 mai 2008
Jean-Mich Much

Liberez Tac-Tac !

Malgré la pluie et le froid, ils étaient nombreux hier à fouler le pavé parisien pour les habituels (pour ne pas dire sempiternels) défilés du 1er Mai.

Si cette année encore la défense des retraites et le pouvoir d’achat faisaient bonnes figures, c’est une toute autre cause qui fut mise à l’honneur : la demande du retour des post quotidiens de Tac-Tac.

En effet, accaparé par son travail et surexploité par son employeur, pour qui 35 heures rime avec tu te fous de ma gueule, Tac-Tac ne trouve plus le temps d’écrire.

Pour Coxx*, nous sommes allé recueillir à chaud quelques réactions de manifestants :

Fabien (Colonel):

 

Robert (Véliplanchiste chez Renault):

 

Denis Baupin (Vert de rage):

 

Elodie F. : ‘Désolé, je vais chez le coiffeur. ‘

1 mai 2008
Jean-Mich Much

En Mai: chacun fait fait fait c’qui lui plaît plaît plaît

J’ai pris un tel coup de soleil le week end dernier que je pèle. Mais un truc de dingue, genre limite lépreux.

Sinon à part ça, c’est incroyable le nombre de gens qui vendent du muguet sur les trottoirs parisiens. Il y a en a de plus en plus, c’est pas possible, Paris, neuvième ville la plus chère du monde, et première sur la vente de muguet, c’est paradoxal pour une ville de riches.

Pardon ? Ha… Je ne savais pas… Je suis désolé… Excusez-moi, on vient de m’informer que nous venions de perdre deux lecteurs. Le parti communiste existerait donc toujours.

Sinon je crois que c’est tout. J’ai pas trouvé mieux pour éviter que ce 1er mai ne se termine sans le moindre post sur Coxx. Normalement c’est à Lapin que revient la tâche d’écrire n’importe quoi pour combler les trous, y compris sur les murs de salle de bain. Mais bon là c’est le premier mai, il ne travaille pas…

Ne croyez pas, tout est organisé sur ce blog. Chacun à un rôle. Tenez par exemple, Tac-Tac est censé assurer la matinale en vous accueillant chaque matin (enfin là il a toujours pas eu le temps de racheter un carnet à la papeterie depuis trois semaines donc forcément il est en rade pour écrire dans le métro). Andrew Pipen, pour rester à la pointe du tunning bloquesque avec des podcast tel que tu n’en trouveras jamais chez ta mère, H de Lautréamort pour assurer le côté provoc et donc audimat à fond les ballons, c’est notre JMM à nous, Sumiré, parce que c’est une fille et que Coquecigrue* le vaut bien, et là Vidéo Girl va gueuler très fort en disant qu’elle était preum’s chez les filles ici et gnagnagni et gnagnagna, enfin bon bref, vous l’aurez compris, son rôle à elle c’est de gueuler. M. Fox, pour ceux qui chaque matin en se rasant devant la glace pensent à repousser leur suicide au lendemain (et les usagers du métro ne peuvent que remercier M. Fox de leur éviter cela). Enfin bon bref, je ne vais pas tous les citer, surtout qu’il y en a certains qui sont ici parce qu’ils ont couché, c’est tout. On ne dira pas qui et encore moins avec qui. Cela dit, je n’ai rien à dire, moi je suis ici uniquement en raison de mon hétérosexualité latente qui permet à ce blog de respecter le quota hétérosexuel et d’éviter ainsi de payer des taxes supplémentaires.

17 avril 2008
Jean-Mich Much

Brisa Roché

De mes souvenirs de concert, pas un de ceux enfouis dans le tréfonds de ma mémoire ne fut pareil à celui d’hier. Plus qu’une déception, une véritable colère et pourtant, je suis déjà allé à la Fête de l’Huma.

Si un homme averti en vaut deux, je devais certainement être le troisième car la salle du Bataclan était loin d’être pleine. Nombreux d’ailleurs furent ceux qui partirent avant la fin, déboussolés et agacés par l’arrogante espièglerie de cette américaine de mes deux, qui, au passage, nous les aura bien brisées.

Au départ j’ai acheté des places pour ça:

Et bien il faut voir la soupe qui nous fut servie sur scène. Même les marginaux de l’église Saint-Eustache en auraient appelé à la grève de la faim.

Qu’un artiste interprète ses titres quelque peu différemment de ses enregistrements, j’applaudis, après tout je ne paye pas une place de concert pour écouter un disque, mais de là à nous faire du grand n’importe quoi et composer ses morceaux dans un style déstructuré et dérangeant, c’est vraiment prendre les gens pour des coiffeuses.

Guitare électrique à fond les distorsions, son du micro réglée sur la fonction chamalow et pour parfaire le tout, un moissonneur batteur, plus doué pour taper sur une grosse caisse que chatouiller des cymbale. Sans parler de ses interminables interludes bilingues, entre deux morceaux, extrait :

« Pur avouar plous de liberty, y faut savouar accepter de perdre des choses hi, hi, hi !…. » « Hi, hi, hi ! » (reprirent en échos quelques fans demeurés dont l’intelligence se mesurait à la taille de l’espace qui les séparait de la scène) « Mes parentses, qui sont dans la salle ce souar… enfin je crois… » (salve d’applaudissements et cris de joie délurés, sa famille sans doute) « m’ont demandé pourquoa j’avais une bleu sour la couisse… C’est parce que je me tape avec une tabouret, pour la liberty !!!!! » (« Mais ferme ta gueule et chante !!! » Aurais-je pu crier, mais son image sur la liberté me fit plonger dans mes pensées et aux réflexions de Nietzsche).

Malgré la grande insatisfaction du spectacle qui m’était offert pour seulement 25 euros, je m’obstinais à ne pas décrocher jusqu’à l’attente des rappels. En règle générale, les rappels sont un bon moyen, pour un artiste, de jouer ce pourquoi le public est venu et le laisser ainsi sur une note de satisfaction, faisant oublier tout le reste du concert. Arrive alors une guitare sèche (enfin !!!), quelques accords, on reconnaît le doux son mélodieux d’un de ses titres phare…. Jusqu’à ce qu’elle se mette à chanter et le mot est grossier. N’avait-elle pas fini d’avaler un yaourt gobé en coulisse juste avant son retour sur scène ? Nous ne le saurons jamais, car nous sommes parti à ce moment là.

Pour vous faire une petite idée du concert, c’est un peu comme si Keren Ann se mettait à chanter ses titres à la manière de Björk. Sauf que pour chanter du Björk, il faut s’appeler Björk, sinon ça devient très vite Violently disgusted.

Alors permettez moi de vous le dire, mademoiselle Brisa Roché, dont la facilité du jeu de mot est si évidente que je m’en abstiendrai, avec tout le respect que je vous dois et malgré votre joli minois, vous n’êtes à mes oreilles qu’une salope de première !

Et quand je pense que pendant ce temps, Florent Marchet se donnait en concert.

Connasse !

31 mars 2008
Jean-Mich Much

Marathon de Paris

Le nom de marathon vient de l’histoire assez confuse de Phidippidès, un messager grec qui aurait couru de Marathon à Athènes pour annoncer la victoire contre les Perses à l’issue de la bataille de Marathon lors de la première guerre Médique en - 490. Arrivé à bout de souffle [surtout après une phrase aussi longue] sur l’Aréopage, il y serait mort après avoir délivré son message.

Ce récit homérique, plus par la forme que par l’Histoire, a donné lieu, par je ne sais quel allumé fini, à la création d’une épreuve sportive de course à pied, dénommée marathon, d’une distance équivalente à celle qui sépare la ville de Marathon à celle d’Athènes, soit très exactement 42,195 km. Epreuve reine des jeux olympiques et donnant lieu à compétition et célébration un peu partout dans les plus grandes villes du monde.

Dimanche prochain (6 avril), se déroulera la 32ème édition du marathon de Paris, où s’élancera, des Champs-Élysées, une foule famélique et populacière, constituée de quelques 40 000 écervelés en short qui fouleront le pavé parisien de leur imbécillité heureuse. Tout dans les jambes, rien dans la tête. Avouez qu’il faut vraiment n’avoir rien d’autre à faire pour se lever un dimanche à l’aube et se taper 42 bornes en courant sous le froid et la pluie.

Et bien je ferai parti de ces ahuris qui feront coucou à la caméra au départ et balanceront leurs godasses à n’importe quel premier touriste emprunté qui lui demandera son chemin après avoir abandonné en plein milieu du parcours… Enfin bon, je compte bien le faire en entier… Parce que va trouver un taxi ce jour là dans Paris, qui plus est en short au milieu du bois de Vincennes. Enfin bon, on est nawak ou on ne l’est pas !

S’agit-il de votre premier marathon ?

Oui.

… ?

Bah quoi ? Vous attendez quoi ? Que je vous dise : « Oui j’ai déjà couru plusieurs marathons » et que je vous livre une ou deux anecdotes complètement crétines, qui feront rire personne, à part des coureurs du dimanche ? C’est pas la peine de venir m’interviewer si c’est juste pour remplir votre papier. Y’en a plein des gens qui font le marathon et qui sont heureux de le faire.

Donc, c’est votre premier marathon…

Je viens de te le dire…

Et donc, euh… attendez, je reprends mes fiches là…

Je vous en prie… De toute façon on est pas pressé… Puis sachant que je vais me taper 4 heure de courses sous la pluie, c’est bien, ça me conditionne à l’idée de perdre du temps bêtement.…

Non parce que comme je pensais que vous aviez déjà fait d’autres marathons, ça élimine certaines questions…

Oui, oui, je vois… C’est bien, elle est préparée votre interview.

Oui, alors… Qu’est-ce qui vous a poussé à participer pour la première fois à un marathon ?

Il me fallait un alibi, ma belle famille toute réunie organise un grand repas dimanche prochain auquel j’étais bien sûr convié. *

Vous êtes vous fixé un temps de parcours ?

Demandez à Météo France… Non mais rassurez-moi, les questions connes, vous les avez toutes placées au début de l’interview pour vite les passer en revue ou il y en a encore beaucoup des comme ça ?

Non là ça devient plus intéressant… Rentrons dans le vif du sujet : depuis combien de temps pratiquez-vous la course à pied ?

Depuis que j’ai été présenté à ma belle famille.

Avez-vous suivi un plan d’entraînement drastique comme tout bon marathonien ?

D’abord je tiens à dire que je ne me catalogue pas dans la catégorie des marathoniens. Ai-je une tête à passer mes samedi après-midi de printemps à tondre mon gazon ? Non, puis en plus je n’ai pas de jardin. Pour ce qui est de l’entraînement, j’ai commencé en septembre, à raison de 3 à 4 séances par semaine… seul… le soir… Si à cela vous ajoutez ce pari idiot auquel je me tiens, qui consiste depuis le 1er janvier à ne plus boire une seule goutte d’alcool jusqu’à l’issue du marathon et un régime diététique assez rude depuis quinze jours, cela vous donne une idée du niveau de dégradation de ma vie sociale. Mes amis ne me font plus rire à table en fin de repas et il m’arrive de regretter de ne pas avoir de chien qui me fasse la fête le soir quand je rentre pour pouvoir lui filer une trempe dont il se souviendra. Non c’est certain, je baisse.

D’autres difficultés rencontrées au cours de votre préparation ?

Une tendinite au tendon d’Achille, contractée à un mois de l’échéance. Je n’ai pas pu courir pendant trois semaines. Non vraiment, les grecs nous emmerdent.

Vous avez dû souffrir ?

J’ai surtout eu peur d’être obligé de renoncer au marathon et contraint et forcé de bouffer avec la belle famille.

Ca doit être quelque chose…

Surtout lorsque, l’alcool faisant effet, c’est-à-dire au bout du quatrième apéro, ils vous prennent par l’épaule et se mettent à chanter à table…

Comme quoi la pratique de la course à pied nécessite une grande attention physique.

Tu m’étonnes ! C’est super dangereux. Tu sais qu’une fois, je me suis fait courser par des canards en m’entraînant autour du lac des Buttes-Chaumont. Mais t’inquiète pas pour eux, je vais bientôt y faire un carnage !

Avez-vous une appréhension particulière avant de courir ce marathon ?

Pas spécialement. J’en ai eu à écouter bon nombre de marathoniens me faisant part de ce que dans le jargon on appelle « le mur des 30 km ». D’après eux, passé cette distance, le corps est à bout de force, trop exténué pour continuer. Parfois même obligé de s’arrêter pour se faire masser les jambes tellement elles sont raides. Il faut alors puiser dans ses réserves, les 12 derniers kilomètres se font au mental. Ce qui, pour des sportifs, m’étonnait un peu, mais bon. Puis, en repérant le parcours sur une carte, je me suis aperçu que le trentième kilomètre coïncidait avec la traversée du bois de Boulogne. Je vois le genre de massage qu’on pratique dans cette zone là. Enfin, je dis cela, je dis rien, mais t’as pas intérêt à avoir envie de pisser à ce moment là.

Les rues de Paris seront noires de monde et animées avec parades et fanfares tout le long du parcours. C’est avant tout une grande fête non ?

Si pour toi se lever à quatre heures du matin pour manger un plat de pâte en buvant un litre de flotte et, trois heures plus tard, se les geler sur la plus belle avenue du monde qui sentira l’odeur de pisse comme pas possible, parce que forcément ton litre de flotte que t’auras bu, faudra bien l’évacuer, en écoutant des gars te demander avant le départ si on ne s’est pas déjà croisé au marathon de Cutéreux-sur-Loire et ensuite se taper 42 bornes en courant, c’est considérer faire la fête, bah mon vieux…

Peut être que des coxxiens viendront vous encourager sur le parcours.

Tu penses. Déjà qu’entre coxxiens* on arrive pas à se blairer, alors se lever à 8h du matin pour aller voir courir des asthmatiques en short dégoulinants de sueurs, c’est sûr que ça va les motiver. A moins de les retrouver sur le trajet, affalés au pied des colonnes de Buren après une sortie bien arrosée au club 18, je ne vois pas. Cela dit, il me semble que Lapin m’a déjà raconté avoir été bénévole sur une précédente édition du marathon de Paris. Il faudrait lui poser la question. Mais là il est 15h, il dort.

Vous ne comptez pas faire quelque chose de nawak ?

J’avais pensé courir en blouse d’infirmier avec une pancarte sur laquelle serait écrit : « Coquecigrue : nous avons tout sauf le talent », mais j’ai appris que le prénom de chaque participant était inscrit sur le dossard. C’est donc trop compromettant. Enfin bon, pour celles et ceux qui suivraient la course, vous me reconnaîtrez facilement, je porterai le dossard n° 12585.

Serez-vous attendu par des proches une fois la ligne franchie ?

Par Robert.

Qui est ?

Un bénévole de la croix rouge. Ils ont un chapiteau pour masser les coureurs à l’arrivée.

Savez-vous ce que vous ferez après l’arrivée ?

Un bon massage, une bonne douche et surtout une bonne bière bien fraîche !!! Après, qu’on me fiche la paix, qu’on m’oublie, qu’on me laisse m’évanouir seul au milieu d’un immense champ de coquelicots, caressé par des vents foisonnants, contemplant au dessus de moi un ciel majestueux vêtant peu à peu sa parure orageuse, grise et lumineuse. Inaccessible beauté, devant laquelle l’homme, si impuissant, ne peut que s’en émerveiller. Face au temps qui s’immobilise puis le rafraîchi de quelques gouttes de pluie fine avant de se recevoir toute la flotte sur la gueule.

Ce n’est pas trop la saison des coquelicots…

Ta gueule ! Ecoute le silence.

Courrez-vous un autre marathon ?

Certainement pas ! C’est bien trop d’effort solitaire et de sacrifice. Pas plus tard qu’hier, j’ai vu un crétin qui courait autour du parc des Buttes-Chaumont à onze heures et demie du soir. Je me suis dit : mais quel pauvre type. Bon en même temps c’était moi. Mais revenez me poser la question dans quelques temps, j’aurai certainement changé d’avis.

Un dernier mot avant le marathon ?

Quel con, quel con, mais quel con…

* fait tout à fait véridique, enfin, je parle du repas de la belle-famille, pas du fait que le marathon soit une excuse pour éviter ce banquet chaleureux et convivial. Loin de moi l’idée de critiquer ma belle famille que j’aime, d’autant que je n’ai a ce jour reçu aucune garantie sur un les modalités futures d’un hypothétique et envisageable héritage. Je m’abstiendrai donc de tout commentaire déplacé au sujet de ma belle famille. Je vous aime, même sans la présence de mon avocat.

24 mars 2008
Jean-Mich Much

Si j’avais un blog (Partie 2)

Je ne me souviens jamais de mes rêves, mais toujours de mes cauchemars.

Hier, tard dans la nuit, j’ai regardé un documentaire animalier sur des loutres qui cohabitaient avec des phoques, ou l’inverse. Suivi ensuite d’un film d’épouvante : « Calvaire ». Film français dont voici le synopsis :

Marc Stevens, chanteur de variétés itinérant, gagne sa vie en se produisant dans des maisons de retraite. Après avoir refusé les avances d’une pensionnaire et de l’infirmière, mademoiselle Vicky, il reprend la route. Comble de malheur, sa camionnette tombe en panne en pleine campagne. Après avoir assisté à un rite zoophile pour le moins inquiétant pratiqué par des villageois, il trouve refuge dans une auberge isolée. Paul Bartel, le responsable des lieux, lui confie son désarroi depuis que sa femme l’a quitté. Marc comprend qu’il a affaire à un déséquilibré et annonce qu’il souhaite partir au plus vite, mais Paul lui fait savoir que la réparation prendra quelques jours. La situation dégénère quand Paul attache Marc et lui fait comprendre qu’il le prend pour Monique, son épouse disparue. S’en suit de véritables scènes de tortures et de barbarie dans cette contrée perdue au milieu de tout.

Résultat des courses, j’ai rêvé que j’étais une loutre, obligée de se battre contre des phoques qui m’empêchaient de pêcher du poisson sous l’eau. Ce à tel point que je partais en apnée dans mon propre sommeil et tentais avec mes mains de chopper des phoques… dans le vide…

 

[à suivre]

23 mars 2008
Jean-Mich Much

Si j’avais un blog (Partie 1)

Je ne compte plus le nombre d’événements singuliers auxquels il m’est permis d’assister, voir même de participer et dont les récits, quelque peu romancés, auraient leur place toute trouvée sur cet amphigourique blog communautaire, tant l’acuité de ses pensées, que je ne voudrais pas miennes et de ses penseurs, que je ne ferais pas taire, s’élève à un niveau d’insignifiance rare.

Cependant, malgré une concupiscence impétueuse, je ne prends que trop rarement la peine de les consigner sur ce blog. N’y voyez pas là le fruit d’une flemmardise aiguë, ni un manque de temps prétendu mais une volonté délibérée de l’auteur à ne pas vouloir partager ses tranches de vie comme une tranche de lard avec n’importe quel imbécile tombé sur ce site par hasard.

(D’ailleurs, on ne dit pas le plug à Tac Tac, mais le plug de Tac Tac. Cela dit et non ceci dit, à toute règle de grammaire française ses irréductibles exceptions, exemple : le parc Astérix (1).)

Et puis qu’à cela tienne, vu le temps je me suis dit, allons-y, faisons l’effort de raconter quelque chose.

Si j’avais un blog, j’y raconterais ceci :

Je vous préviens, cela risque d’être aussi passionnant qu’un reportage sur les infirmiers anonymes.

D’ailleurs, avant d’apprécier la lecture du court passage qui va suivre, j’aimerais que vous vous situiez l’action dans son contexte. C’était il y a quinze jours, environ, je sortais du boulot et il tombait des cordes sur Paris.

« Aujourd’hui j’ai cassé mon parapluie. En le repliant trop brusquement, à peine arrivé à l’abri, dans la bouche de métro. Ce n’était vraiment pas le moment, en pleine amorce de la saison des giboulées… Puis je me connais, je ne ferai pas l’effort d’en racheter un autre, pas même chez un petit maroquinier comme ça en passant. Je ne suis psychologiquement pas prêt pour ce genre d’achat. Malgré le besoin et l’utilité d’un tel objet, son acquisition ne peut se faire spontanément, il me faut y réfléchir et m’en persuader. Sans compter que je n’aurai aucune peine à penser que ce mauvais temps ne perdurera pas, qu’un parapluie prend finalement beaucoup trop de place et qu’on ne meurt pas à cause de quelques gouttes de pluie, même habillé en costard.
Enfin bref, à cet instant de ma vie, avec mon parapluie brisé dans les mains et en voyant toute cette pluie tomber, je me suis senti bien seul en me rendant compte que finalement, je ne connaissais personne sur qui compter en cas de pareil pépin. »

[à suivre]

(1) Rendons à César ce qui appartient à César, ce jeu de mot étant l’œuvre d’un certain L.D., ami dont je ne divulguerai pas le nom tant ce mec est une véritable raclure.

6 mars 2008
Jean-Mich Much

Pépin le bref

J’étais persuadé que le documentaire « The war » de Ken Burns, diffusé en exclusivité sur Arte était diffusé jeudi soir. Je me faisais donc une joie d’aller programmer son enregistrement lorsqu’en feuilletant le programme télé, je me suis rendu compte que c’était hier.

Bon, en même temps, il y aura certainement une autre diffusion très prochainement sur Arte, mais quand même, quelle loose.

Ce post est certes très inintéressant. Il permettra tout au plus de faire grimper nos stats de lecteurs pour peu que certains internautes effectuent une recherche sur Ken Burns ou sur les burnes du copain de Barbie. Cependant, mes fans me réclamant à tort et à six, je me devais de partager ce moment de frustration hertzienne.

Demain je vous raconterai comment j’ai pété mon parapluie alors que nous traversons la belle période des giboulées de Mars.

9 février 2008
Jean-Mich Much

Penthésilée

Avant hier soir, dans la prestigieuse salle Richelieu de la Comédie Française, nous assistions à une représentation de la pièce de théâtre « Penthésilée », dramaturgie grecque allemande…

Cette œuvre m’est d’une saveur toute particulière puisqu’elle fut la première pièce que j’ai jouée sur scène, il y a maintenant tout juste dix ans. J’y interprétais le rôle d’Ulysse.

 Depuis, je ne rêve que d’une chose : jouer un jour le rôle d’Albator.

3 février 2008
Jean-Mich Much

On est bientôt arrivé ?

De quel droit n’aurait t’on pas la possibilité de tuer ses propres enfants ?

Après tout, c’est nous qui les avons conçus. S’ils ne nous plaisent pas ou commencent véritablement à nous faire chier, alors pourquoi ne pas pouvoir s’en débarraser ?

Encore une fois la vie est mal faite.

24 janvier 2008
Jean-Mich Much

T’as le bonjour d’Albert

 “Mardi matin, avec beaucoup d’émotion, sa famille, ses amis et plus de 500 anonymes, sont venus lui rendre un dernier hommage. Mais le noir n’a pas été invité à la cérémonie,  seules les couleurs vives et les chemises hawaïennes à fleurs si chères à Carlos, ont eu le droit de passer le seuil de l’église. Sa veuve, elle, était vêtue de blanc.

Ses amis de toujours étaient présents, Sylvie Vartan, Eddy Michell, Enrico Macias, Michel Charasse, Michel Drucker, Hugues Aufray, Stéphane Collaro, Catherine Lara, Philippe Lavil, Michou, Jean-Jacques Debout, Chantal Goya, Michel Delpech ou Daniel Hechter, ainsi que Johnny Hallyday.  La liste est longue,“…

et qui sera la prochain à partir ????

Ces funérailles ont été marquées par la tristesse, mais surtout par la douleur, celle des ces maîtres porteurs des pompes funèbres, qui ont su rester dignes et fiers, malgré l’incommensurable poids du cercueil et de son défunt chanteur.