Archives pour l'auteur «Kelly Capwell»

22 avril 2008
Kelly Capwell

Journal d’un prof de province - 2ème semaine de vacances

Le réveil sonne à 10h, et je m’interroge: étant donné la journée passionnante qui m’attend, est-ce bien la peine de me lever?

White a déjà quitté la maison depuis 1h et quart, j’ai le champ libre, alors je prends une décision courageuse, et je jette un pied hors du lit. Ce n’est que pour rejoindre le canapé du salon, sur lequel m’attend une autre couette dans laquelle m’enrouler (je suis frileuse et le gaz coûte cher), et un oreiller bien épais qui me maintient la tête droite. Elément indispensable pour pouvoir regarder confortablement les épisodes de Buffy que j’enchaîne.

Buffy - 6 copies - Buffy - 6 copies… A la fin de la semaine, j’aurai revu la saison 5, et je serai apte à rendre leurs devoirs à mes élèves.

Parfois, dans l’après-midi, je vais chez ED. J’achète 3 ou 4 ingrédients, pas plus: il faut que je me laisse l’occasion d’y retourner le lendemain: ça me fera une sortie.

21 avril 2008
Kelly Capwell

La loose sarthoise - mon ami ideal (5)

Amok, Limoges, vous êtes sûrs que vous ne voulez pas venir vous installer au Mans?

20 avril 2008
Kelly Capwell

La loose sarthoise - mon ami ideal (4)

Ce serait une fille, ou un garçon qui aime les garçons.
Il serait prof, ou travaillerait à mi-temps, ou serait au chômage: bref, il aurait du temps pour qu’on sorte le mercredi après-midi.
Il aurait son propre appartement, et y vivrait seul: nous pourrions y passer des soirées rien que tous les deux, quand White serait chez Victor à parier sur les courses de Vincennes.
Il serait fumeur et on aurait le droit de fumer chez lui.
Il aimerait aussi le vin rouge.
Et il aurait plein d’histoires à raconter, des histoires de coeur et des histoires de cul. Il saurait juger les gens et les critiquer.

Comme ça, on passerait des moments merveilleux, la nuit tombée, à dire du mal de nos connaissances, en grillant clope sur clope et en se descendant une bouteille de bordeaux.

19 avril 2008
Kelly Capwell

La joie du balai

Lorsque j’étais petite, ma maman au foyer disait que la seule chose qu’elle n’aimait pas dans le ménage, c’était passer l’aspirateur.

A l’âge adulte, j’ai compris pourquoi. Bien sûr, rien ne me plaît dans le fait d’entretenir un appartement: ni le plumeau pour faire les poussières, ni la serpillère pour laver le sol, ni la vaisselle à laver, ni les draps à changer, ni le linge à mettre dans la machine et à en sortir (il y reste parfois deux jours avant que je me décide à l’en extraire, puis il stagne dans coffre où je pioche des vêtements propres au jour le jour, jusqu’au week-end où je me décide enfin à le plier et le ranger dans l’armoire). Mais la vraie corvée, c’est passer l’aspirateur.

Il faut d’abord aller le chercher dans le placard. Se courber pour dérouler le fil, et le brancher. Changer de prise à chaque fois que j’entame une nouvelle pièce. Déplacer les canapés. S’applatir à terre pour le passer sous le lit ou le buffet. Le bruit est assourdissant. Et parfois, lorsque vraiment la bête ne peut plus faire fonction, il faut se résoudre à lui ouvrir le ventre, retirer le sac gonflé et en replacer un, qui ne tient jamais, qu’il faut remettre plusieurs fois en place avant qu’il accepte enfin de se remplir de poussière.

Or, dernièrement, en ouvrant le placard à aspirateur, je me suis rendue compte que là, au fond, dissimulé derrière la planche à repasser (une autre corvée que je laisse à une femme chez qui White porte ses chemises), il y avait un balai. Au long manche rouge, et avec des poils bleus et noirs. Nous possédions un balai! Depuis quand?

Je me suis emparée de cette merveille. Plus de bruit! Juste la douce sensation des brins qui caressent le sol.
Un balai, c’est beaucoup plus facile à manier qu’un aspirateur. C’est plus léger, ça atteint les coins difficiles, et ça retire même la poussière qui s’est accumulée sur les plinthes. Maman ne pouvait pas connaître la joie de renoncer à l’aspirateur: dans les années 80, la mode était aux moquettes.

J’aime mon balai. A la pleine lune, je me posterai sur mon balcon, j’enfourcherai le manche, et j’essaierai d’aller faire un petit tour dans le ciel.

18 avril 2008
Kelly Capwell

La loose sarthoise - à la recherche d’amis (3)

Du coup, cette semaine, je suis remontée à Paris, et j’ai passé d’excellents moments avec les copains.

La solution: passer 4 jours chez mes parents à chaque période de vacances?

17 avril 2008
Kelly Capwell

La loose sarthoise - à la recherche d’amis (2)

Je ne surfe sur le net que pendant les vacances. Le reste des semaines, je ressens un dégoût à allumer mon ordinateur, car il est devenu synonyme de travail: préparations de cours et grilles de corrections de copies.

La semaine dernière, je me suis rendue sur un forum “près de chez vous”, et j’ai lancé un appel au secours: “Recherche personnes intéressées pour aller voir des expos au Mans”.
Une fille m’a répondu: voilà 4 ans qu’elle habite à La Flèche avec son copain, et travaille au Mans. Elle n’a pas d’amis. “C’est un cercle vicieux, dit-elle. Comme je ne connais personne, je ne sors pas, et comme je ne sors pas, je ne rencontre personne”.

Et si c’était ça qui m’attendait?

16 avril 2008
Kelly Capwell

La loose sarthoise - à la recherche d’amis (1)

La vie au Mans est agréable: on a de la place dans l’appart, on habite en centre ville, la cité médiévale est très jolie, les magasins et les bars sont tout proches… Mais je m’y balade toute seule (pas dans les bars, j’aurais trop peur de passer pour une trentenaire célbataire à la recherche d’un coup du soir).

J’ai deux copines sur place. Sauf que Vanessa K. n’a pas trop de temps pour moi, entre ses nouveaux amis et tous les clubs de sport auxquels elle s’est inscrite. Sandra travaille aux MMA et finit tous les soirs à 20h. En plus, elle est mariée depuis cet été, et enceinte: on ne se voit jamais rien que toutes les deux pour discuter, c’est plutôt “soirées couples”.

Victor, c’est le pote de White.
Angelina, la cousine de White, a aussi eu un bébé, et déménage à 50 bornes pour ouvrir une brasserie.

J’ai tenté le coup avec mes collègues: en IDF, l’Education Nationale est une grande famille, qui reçoit à bras ouverts les nouveaux venus, avec des soirées arrosées à la bière, des jeux de société et des sorties aux karaoké. Et l’ambiance dans ma salle des profs est assez bonne: de quoi donner de l’espoir. Donc, pendant les vacances de février, j’ai envoyé un mail aux 12 personnes qui habitent comme moi au Mans et se tapent les 60 km aller-retour tous les jours.

Au départ, j’ai lancé une invitation pour une soirée à la maison. J’ai eu 3 réponses négatives, dont une d’une prof qui me disait qu’elle n’était dispo que l’après-midi.
Du coup, à la place du repas, j’ai proposé de faire du thé à 16h et de grignoter des petits gateaux.
Sans succès. 8 invités n’ont même pas daigné répondre.

Un 4ème mail m’a interpellée:
” Désolée, je ne suis pas libre. Mais c’est une super idée! Cela fait 4 ans que je travaille au collège, et je n’ai jamais vu les collègues à l’extérieur”!

Cherchez l’erreur.

9 avril 2008
Kelly Capwell

Journal d’un prof de province - Chers parents

Après 3 semaines sans incident, Michel avait de nouveau pêté un cable. Alors qu’au bout de 10 mn de cours, je lui avais demandé d’ôter son manteau et son écharpe dans lesquels il était resté emmitoufflé, il m’avait regardée droit dans les yeux, et avait tout nettement refusé:
- Je retirerai rien, c’est pas un manteau, c’est une veste.

Provocation. Je ne me suis pas énervée, alors même que l’arrogante de service a commencé à prendre la défense de son camarade: “Ouais, c’est une veste, c’est pas un manteau! Il a pas à retirer sa veste!”

Je suis arrivée à faire fermer sa gueule à cette grognasse, et j’ai argumenté poliment avec Michel:
- Ca reste ton vêtement d’extérieur, tu n’as pas à le garder en classe…
- Je le retirerai pas.
- Auguste a retiré son blouson quand je le lui ai demandé, tu ne peux pas être le seul à désobéir…
- Je ne le retirerai pas.
- Si tu continues, je vais devoir te renvoyer de cours…
- Je ne le retirerai pas.
- Bien. Tu prends tes affaires et tu sors.

La chaise a volé, un coup de pied a été donné dans le mur, un autre dans la porte, et des insultes à mon égard ont été criées dans le couloir.

Rien que de très normal.

Non, par contre, ce qui m’a laissée sur le cul, c’est quand, quelques jours plus tard, j’ai appelé la maman de Pedro, un élève appartenant à la même classe que Michel, pour prendre rdv avec elle: son fils commençait à poser des problèmes de comportement:
- De toute façon, je ne vous écoute pas! m’a-t-elle hurlé dans l’écouteur. Comment ça, vous avez divisé la note de mon fils par deux parce que sa copie ressemblaient à un brouillon? Tout le monde est contre vous, Madame, les élèves et les parents, on est bien au courant: il paraît que vous avez voulu forcer un élève à se déshabiller en classe!

Ouais ouais, c’est ça. Je suis la prof de français perverse qui note ses élèves sur leur performance en strip-tease…

13 mars 2008
Kelly Capwell

Journal d’un prof de province - Leur petit réconfort

La classe était en contrôle d’orthographe. Les élèves avaient été prévenus il y a 10 jours, et le travail consistait seulement à réciter les règles qui auraient déjà du êtres apprises et révisées toutes les 2 semaines depuis le début de l’année, soit avant chaque dictée.

Evidemment, la moitié des ados seulement composait. Le reste s’endormait sur sa table, ce qui est déjà en soit en victoire: ils ne se levaient pas, ne bavardaient pas, ne faisaient pas leurs devoirs d’anglais, et ne se retournaient pas trop pour observer ceux qui travaillaient.

Assise sur mon bureau, je laissais mon regard errer sur la salle. César, un binoclard blond, qui n’écoute pas en cours et passe sa vie le dos tourné au tableau (puisque ses camarades sont placés derrière sa chaise), et qui, en bon suiveur, est toujours à l’affût de la bêtise qu’un autre pourrait proposer, ne se faisait cette fois pas remarquer. Il restait là, assis calmement, les yeux dans le vague en attendant que l’évaluation finisse…

- César… Tu veux bien te séparer de ton doudou?

Le gamin a levé les yeux, à la fois surpris d’être interpellé alors que pour une fois, il n’avait rien fait, et interloqué: de quoi parlais-je donc?
- Mon doudou?
Le ton de sa question reflètait sa complète incompréhension.

- Ce qui te tient chaud au ventre, ai-je répondu en désignant son sac-à-dos, qu’il avait callé sur ses genoux et serrait dans ses bras comme si cela avait été un gros nounours velu.

Le sac est vite retourné au sol.

Kelly Capwell

RE: Get married or die trin’ (épilogue)

J’ai gloussé, mais je ne suis pas célibataire.
Je sors quand même?

12 mars 2008
Kelly Capwell

Oui, je me marie, et alors? - les accessoires

Je pénètre dans le magasin, et commence à faire le tour des quelques vitrines. Il n’y a qu’une vendeuse, seule derrière son comptoir, alors je m’attends à tout moment à devoir décliner son offre d’aide d’un poli “non merci, je ne fais que regarder”. Mais elle garde le silence.

Rien. Rien de ce que j’ai sous les yeux ne correspond à ce que je recherche, ni dans la forme, ni dans la couleur. Mais où donc vais-je pouvoir débusquer l’objet rare?
Tout en songeant que ma quête risque d’être plus ardue que prévue, je m’apprête à sortir. Et la voix de la vendeuse se fait entendre:
- Vous vouliez quelque chose de particulier?

J’hésite, un, deux, et je me décide: je m’approche du comptoir et j’explique:
- Oui. Je me marie à l’automne, et j’aurais souhaité un collier qui habillle mon décolleté. Quelque chose qui descende sur la poitrine, et qui soit chaud, genre une résistance électrique, ou des perles de laine polaire: car je n’ai pas envie de m’enrhumer le jour de mon mariage, et d’éternuer toute la soirée.
- Hum…
- Et il ne faut pas que ce soit blanc.
- Je vois, souris la jeune fille… Repassez d’ici quelques semaines, les collections changent si vite! Mais trouver un collier, pour une future mariée, c’est toujours une gageure.

11 mars 2008
Kelly Capwell

Que c’est triste…

Robe____vendre.jpg

10 mars 2008
Kelly Capwell

Le répondeur du collège

Petite idée de ce que devrait être notre message d’accueil:

” Bonjour et bienvenue dans l’école de votre enfant. Dans le but de mieux répondre à vos besoins et de vous permettre de parler à la bonne personne, veuillez écouter le menu suivant avant de faire votre sélection :

- Pour vous plaindre de la cantine, *faites le 1*.
- Pour vous plaindre du transport scolaire, *faites le 2*.
- Pour mentir au sujet de l’absence de votre enfant, *faites le 3*.
- Pour excuser le fait que votre enfant n’a pas fait ses devoirs, *faites le 4*.
- Pour vous plaindre de ce que nous faisons, *faites le 5*.
- Pour vous plaindre de ce que nous ne faisons pas, *faites le 6*.
- Pour demander la démission d’un ou de plusieurs enseignant(s), *faites le 7*.
- Pour demander que votre enfant change d’enseignant pour la 3ème fois cette année, *faites le 8*.
- Pour demander pourquoi vous n’avez pas reçu les documents qui étaient déjà inclus dans votre lettre de convocation ainsi que dans les précédents bulletins de compétences qui vous ont été postés, *faites le 9*.
- Si vous voulez que nous élevions votre enfant à votre place ou à la place de votre téléviseur, *faites le 0*.
- Si vous réalisez que vous êtes dans le vrai monde, et que votre enfant doit être responsable de ses actions, de ses devoirs en classe et à la maison, et que ce n’est pas que la faute de l’enseignant de votre enfant s’il ne fournit pas d’effort, alors… vous pouvez raccrocher !

Passez une belle journée et à bientôt !”

Texte en circulation sur le net. Merci à l’auteur inconnu pour ce clin d’oeil à la profession.

5 mars 2008
Kelly Capwell

Robes de mariée - tendances

Je l’ai bien vu, que vous ne me croyiez pas: le noir, nouvelle mode pour les mariées? Mais on n’enterre pas son époux le jour de ses noces! “Ca fait deuil”, ai-je lu sur trop de forums (car oui, je participe à des forums où des fiancées s’échangent les adresses des traiteurs et les tarifs des esthéticiennes!) lorsqu’une jeune femme séduite mais dubitative demandait conseil.

Pourtant, ce retour du noir est logique: la déco momentanée se veut résolument baroque, tout le monde colle des stickers noirs sur les murs ivoires de son salon, les lustres de velour sombres ont fait leur apparition dans tous les magasins, et le chic dans les restos, c’est de boire son vin dans un verre couleur nuit.

Nombreuses sont les collections qui arborent cette couleur. Cela peut se faire timidement, en remplaçant le démodé bustier rouge sur jupe blanche par un bustier à broderies noires, ce qui donne une touche toute charmante:
Blanc_et_noir.jpg

D’autres marques proposent le total look, à accessoiriser très soigneusement:
Black.jpg

Mais ce que j’ai vu de plus élégant sur le net, c’est ce modèle Black’n White:
Black_and_white.jpg

Ah! Celle-là, elle me fait presque regretter de ne pas me marier à l’hiver prochain: on aurait loué des canons à neige pour recouvrir le jardin du gîte d’une douce poudreuse, on aurait nappé les tables de blanc, loué de la vaisselle noire, et dressé des bougies neige dans des chandeliers carbone…

Enfin… si on avait été riches!

4 mars 2008
Kelly Capwell

Get Married or die tryin’: conséquences

Petit moment tendre du soir. White et moi sommes enroulés dans la couette moelleuse. Mon chéri meurt de fatigue et a posé sa tête sur mon épaule, en quête d’un peu de réconfort. Comme je n’ai pas du tout sommeil, j’ai apporté l’ordinateur sans fil dans la chambre (honte à moi), et je surfe un peu.

- Tu as lu les posts de Video Girl? ai-je sussuré pour ne pas agraver son mal au crâne. Ils sont très drôles.
- Non, je n’ai pas le temps de suivre coxx* en ce moment.
- Tu veux que je te les lise?
- Oui, me répond doucement mon souffreteux en se calant encore plus confortablement contre moi.

J’explique le concept: d’“authentiques extraits d’un manuel scolaire catholique d’économie domestique pour les femmes publié en 1960″ confrontés à la rude réalité de 2008.

On glousse ensemble, on s’insurge sur le “souvenez-vous que ses sujets de conversation sont plus importants que les vôtres”. Mais je sens aussi l’esprit de mon homme qui dérive: il se prend à rêver.

- “Soyez heureuse de le voir. Accueillez-le avec un chaleureux sourire et montrez la sincérité dans votre désir de lui plaire.”
- Pourquoi tu fais jamais ça, toi?
- Tu rentres toujours pile quand c’est pas le moment…

White se retourne, prêt à sombrer. Mais avant, il murmure:
- C’était bien à l’époque… Vous preniez soin de nous, et vous vous mettiez des rubans dans les cheveux…
Et il s’endort.