La vie au Mans est agréable: on a de la place dans l’appart, on habite en centre ville, la cité médiévale est très jolie, les magasins et les bars sont tout proches… Mais je m’y balade toute seule (pas dans les bars, j’aurais trop peur de passer pour une trentenaire célbataire à la recherche d’un coup du soir).
J’ai deux copines sur place. Sauf que Vanessa K. n’a pas trop de temps pour moi, entre ses nouveaux amis et tous les clubs de sport auxquels elle s’est inscrite. Sandra travaille aux MMA et finit tous les soirs à 20h. En plus, elle est mariée depuis cet été, et enceinte: on ne se voit jamais rien que toutes les deux pour discuter, c’est plutôt “soirées couples”.
Victor, c’est le pote de White.
Angelina, la cousine de White, a aussi eu un bébé, et déménage à 50 bornes pour ouvrir une brasserie.
J’ai tenté le coup avec mes collègues: en IDF, l’Education Nationale est une grande famille, qui reçoit à bras ouverts les nouveaux venus, avec des soirées arrosées à la bière, des jeux de société et des sorties aux karaoké. Et l’ambiance dans ma salle des profs est assez bonne: de quoi donner de l’espoir. Donc, pendant les vacances de février, j’ai envoyé un mail aux 12 personnes qui habitent comme moi au Mans et se tapent les 60 km aller-retour tous les jours.
Au départ, j’ai lancé une invitation pour une soirée à la maison. J’ai eu 3 réponses négatives, dont une d’une prof qui me disait qu’elle n’était dispo que l’après-midi.
Du coup, à la place du repas, j’ai proposé de faire du thé à 16h et de grignoter des petits gateaux.
Sans succès. 8 invités n’ont même pas daigné répondre.
Un 4ème mail m’a interpellée:
” Désolée, je ne suis pas libre. Mais c’est une super idée! Cela fait 4 ans que je travaille au collège, et je n’ai jamais vu les collègues à l’extérieur”!
Cherchez l’erreur.









