Rencontré sur la route deux garçons. Ulysse et Paul. Paul est superbe, Ulysse est drôle. Ils me proposent un plan à trois. Après une courte réflexion, je refuse, histoire de ne pas rater mon avion demain.
Archives pour l'auteur «M. Fox»
Lui : Pourquoi ce texte ?
Moi : On dirait tellement moi quand je m’emballe.
Lui : Moi je n’ai plus envie de m’emballer,
mes lèvres sont sèches.
Moi : Hihi, on ne peut faire autrement
Les poètes aspirent à l’abîme écrit Thomas Mann, je crois qu’il a raison
Lui : Mais comment, comment peut-on m’aimer ?
comment peux-tu encore m’aimer, et me supporter ?
Moi : Un peu de sang de poète en moi aspire à ton abîme, je vois que ça
- Tu les entends, les violons ?
Pourvu qu’il dise oui, pourvu que son cœur comme le mien batte à tout rompre. Pourvu qu’il rêve de me prendre dans ses bras, de sentir l’odeur de ma peau et de caresser mes cheveux. Je veux qu’il nous imagine heureux, ensemble et pour toujours. Ah, j’aimerais tant ! Mais le voilà prêt à répondre, ses lèvres s’entrouvrent. Elles sont pulpeuses, exquises, des lèvres qu’on voudrait caresser avant de les embrasser. Des lèvres parfaites qu’on voudrait savoir peindre, pour les montrer aussi belles qu’on les voit. Chefs-d’œuvre de la création, preuves de l’existence des dieux, douces comme le rêve d’un ange endormi sur une fleur. Mais chut, esprit malade, il parle à présent :
- Des violons ? Non, je n’entends rien, désolé.
Moi : Sais-tu ce qui nous manque pour être heureux ?
Lui : Quoi ?
Moi : Un bébé dans la maison !
Lui : Je ne saisis pas le rapport.
Moi : Mais si, de cette façon, l’esprit de ta femme sera occupé ! Et tu pourras sortir avec moi, ça lui sera complètement égal !
Je crois que je ne mourrai pas heureux,
Finalement
This is not a Magritte, par Mark Bryan
Moi : Tu te détestes à ce point ? Ben voyons ! Tu t’adores comme toujours !
Lui : Franchement oui
Il m’a détruit
J’ai tout à reconstruire
Moi : Je t’offrirai du ciment ![]()
Puis y’aura sûrement un beau garçon pour t’offrir une truelle
Ton papa qui te donnera des poutres
Ta maman des carrelages pour la cuisine
Gaëlle te fera des rideaux
et Maud t’aidera pour la décoration
Tout se termine un jour tu verras, même la douleur
Quelqu’un m’aime au moment où j’écris ces lignes.
C’est comme une évidence intime qui s’impose à moi,
Une absolue certitude fondée sur une intuition
J’affirme la puissance du corps sur les choses,
La puissance de l’esprit sur le corps,
la supériorité de l’âme sur l’esprit
et la toute-puissance de la beauté
Tu sais désormais pourquoi je t’aime
La malédiction des dieux pour toutes mes mauvaises actions passées a enfin débutée,
Je ne sais pas ce qu’ils attendaient, peut-être mon millième jeune homme en pleurs,
Mon dixième envoyé à l’hôpital ?… Tout ce que je sais c’est qu’à présent mon sursis a pris fin :
Plus jamais je ne fermerai l’œil,
Je suis le témoin, jeté malgré lui dans les arcanes du temps
Lorsque je vais en boite ou faire la tournée des bars, il n’est pas rare que je rentre avec des numéros de téléphone ou des cartes de visite plein les poches…
Comme je suis totalement incapable de dire qui était qui, je les collectionne. Je les colle à cet effet dans un petit carnet, celui où j’écris mes poèmes, avec le plus d’informations possibles sur l’homme ou la femme qui m’a donné son numéro.
Ca donne des choses dans ce goût-là :
“Sonia - Infirmière, le Nyx 31/10/2007″ ou “Pedro - Directeur de Recherche, le RAIDD 28/05/2008″
Je sais que je ne rappellerai aucun d’entre eux, je suis bien trop timide pour appeler un inconnu, mais j’aime à penser que quelque chose de beau s’est passé entre nous le soir de notre rencontre, une petite étincelle de complicité qui n’appartient qu’à nous.
Fugace oasis de joie dans un monde à la dérive
Je ne me souviens plus de la dernière nuit où j’ai dormi
Les contours des êtres et des objets s’estompent
J’erre dans un monde irréel aux silhouettes floues
La brume de la confusion et de la fatigue recouvre tout
Je vais disparaître,
Je crois
Ah ! Pardonne-moi !
Je suis un infâme, et plus vil que les scorpions, que la fange et la poussière !
Tout à l’heure, pendant que tu parlais, ton haleine a passé sur ma face, et je me délectais comme un moribond qui boit à plat ventre au bord d’un ruisseau.
Ecrase-moi, pourvu que je sente tes pieds !
Maudis-moi, pourvu que j’entende ta voix !
Ne t’en va pas ! Pitié ! Pitié !
Je t’aime !
Quelques épices
dans un bol de lait
faire chauffer à feu doux durant cinq minutes,
introduire les cendres de belette,
servir tiède
L’univers est fragile,
ne le nourrissez pas


