Archives pour l'auteur «TacTac»

17 juillet 2008
TacTac

La possibilité d’un Il

« Je ne t’avais jamais vu comme ça. Tu buvais ses paroles et surtout, tu le regardais vraiment. Tu le regardais VRAIMENT. »

Lorsque Matoo m’en a parlé et qu’il a plaisanté en disant qu’il l’intégrerait dans un post, j’ai répondu avec une fausse humilité qu’il n’y aurait pas grand-chose à écrire dessus pour que lui-même me réponde qu’en effet ce serait limité. Nous anticipons les dialogues avec Mathieu ; nous nous connaissons bien nous deux.

Parce que lui comme moi savons que ces regards que j’ai eu envers ce garçon ont leur importance. Et bien que ce soit mort de chez mort lorsque j’apprends qu’il a un mec et qu’il vit avec depuis deux ans, il est rassurant de constater que j’arrive encore à m’intéresser à un garçon. A un seul.

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« Rédhibitoire. » C’est un mot que j’ai appris à Isabel l’autre soir. Jeune Allemande aux traits furtadiens qui buvait elle aussi mes paroles entre ses fines lèvres. « Rédhibitoire c’est une chose sur laquelle tu ne peux pas passer outre. Comme la gourmette ou les chaussettes pendant l’amour. » La Chandler attitude qui te rend coupable un poireau sur le sourire du Prince Charmant. L’intransigeance ne fera jamais bon mariage avec l’amour.

Il avait l’air sain lorsque j’y repense. Lorsque j’y repense il avait l’air de ces garçons qui n’ont pas le même parfum que moi. Pas ce parfum de la centaine d’amants qui ont laissé sur ma peau ce nectar repoussant. Car sur le coup je n’ai pensé à rien ; j’ai juste écouté. Je n’ai pas cherché à impressionner, je n’ai pas cherché à réguler mon naturel, j’ai juste été en ce 21 juin. J’étais là en dehors du temps, de la nuit la plus courte et de la musique frénétique. Juste été avec quelqu’un, même si c’était pour de faux.
Et c’est qui m’a manqué pendant des années, être deux, même si on ne l’est que dans ma tête. Alors même si ça ne sera pas avec ce garçon, on va quand même essayer, on va essayer d’être heureux à deux.

Car tout seul je sais déjà faire.

12 juillet 2008
TacTac

Droit aux Buttes

J’aime croire que mon premier souvenir date des Buttes Chaumont.

Printemps 81, on assassine Reagan et Jean-Paul II mais ma mère décide de me sauver. Sa gynéco lui avait dit que je serai 21, que je serai mal en point, que je serai mongolien. Sa gynéco a eu tort et je suis venu fort. Je suis venu victoire et Victoire aurait été mon nom si je n’avais pas été garçon.
Sa gynéco est ma marraine.
Il y a des choses qui ne s’expliquent pas.

Printemps 81, mon grand-père filme ma mère. Et sur les bandes délavées les couleurs ont bien palis. Mais le sourire est radieux sous les cheveux roux, les branches des arbres sont évanescentes mais la joie palpable ; je suis dans son ventre, son ventre énorme qui lui cache les pieds. Aucune ombre au film.

Eté 08, je ne me sens pas bien, une angine à la con me fait tourner en rond. Je ressasse des pensées et reste à ruminer. La vache je suis drogué. Des heures à chatter, des heures intoxiquées à perdre mon temps, à le perdre vraiment. J’essaie de me dire que ce vide me restera : comme une force, comme un trait, comme une possibilité contre l’ennui. Et pourtant aujourd’hui je reste là sans rien faire. Ce texte pour témoigner, c’est peut-être assez.

Eté 08, je me rends Buttes Chaumont. Une évidence des jours trop cons. Une évidence de se rendre là si on considère mon avant-moi. Si ses promenades enlacées sont lovées comme j’étais bébé. Dans son ventre, ventre. Bercé, bercé.

Et soudain la pluie.
Et soudain avenue Michal, je m’aperçois qu’il est bien là, que je l’écoute comme je le sens et Elodie me chante doucement « Viens jusqu’à moi ». Mon iPod est bien ironique et le sourire attendu arrive. Là. Lentement. Sur mes lèvres, pendant longtemps.

Puisque le temps est subjectif, perdre son temps c’est p’têt’ un kif.


1 juillet 2008
TacTac

M SM

TacTac* a dit :
Salut
touria dit :
slt désolée je suis entrein de monter un meuble j’ y arrive pas la je fais une pose ça va
TacTac* dit :
Oui et toi ?
TacTac* dit :
Je ne vois pas qui tu es dsl…
touria dit :
ah tu m’a laissé ton msn sur ma bite de messagerie c’ est dina
touria dit :
boite désolée
touria dit :
n’importe koi j’ai trop honte

25 juin 2008
TacTac

Merci Papa de Sandrine Jouanin

Les dimanches et lundis à 20h à partir du 6 juillet au Théâtre des Blancs Manteaux.
J’y serai pour la Première, et vous ?

Plus d’informations en cliquant sur l’affiche :

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16 juin 2008
TacTac

L’avis des copines

Non mais d’abord chuis pas ta copine ! Ca vient d’où cette manie de nous appeler comme ça ? Moi chuis ton copain. Ouais, parce que chuis pote avec un des membres du jury de l’Eurovar’.
Ouais, Matoo c’est mon poto et chuis pas peu fier au bas mot.

Alors lorsqu’avec lui, Colin et Ikare mon jambon star on est allé voir la Sagat de la Kurys, je redoutais la scène où elle se fait tatouer le cuir crânien. Ca devait saigner sacrebleu. Ouais mais c’est du sang bleu pour le sacré François ; donc ça me va.

Non mais sérieusement, le moment que j’ai préféré c’est pas lorsque la Balibar enquille tranquille au bar ou que la Testue fait sa têtue, mais lorsque l’infirmière à la fin annonce une triste nouvelle :
« Mais c’est Caro ! C’est Caro !! ».

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Voir une de ses amies sur grand écran sans en être au courant procure une incroyable fierté. J’étais tellement fier de reconnaître ma petite Caroline Pascal que j’en ai oublié le dramatique de la situation, et ai également gâché le plaisir des spectateurs aux environs.
« Bonjour tristesse », qu’elle disait…

C’est qu’il m’est difficile de rester insensible à la vie des copines. Et ce n’est pas Matoo qui me contredira.

7 juin 2008
TacTac

Ma nièce, cette psychopathe (9)

” Tonton ! Tonton ! Viens voir ! Y’a une araignée morte écrasée avec tout plein de fourmis dessus !! “

8 mai 2008
TacTac

A.

C’est ce qui m’aura poussé à écrire.

Le psychologue avait insinué que j’aimais les garçons. C’était une raison suffisante pour interrompre les séances. Trois c’était plus qu’assez, surtout à quatorze ans.
« Il faut qu’il aille voir quelqu’un. Après ce qu’il vient de vivre, il faut qu’il en parle. »
Je n’en parlerai pas ; je l’écrirai.
Car si le psychologue m’avait donné un bon conseil c’était celui d’écrire. De m’exprimer.

Le 7 mai je vieillis et le 8 je maudis. Pas mon anniversaire mais celui de la ride à mon sourire. Et à 00h05 chaque année quelque chose, une joie, une dispute, un baiser ou une lutte. Ce soir ce sera ça, ces quelques mots qui disent que je suis là, toujours là. Même si on ne voit pas, A.

4 avril 2008
TacTac

100% de mon temps

Je me fous une pression, je me fous une pression de dingue à vous pondre des textes tous les jours.

J’y pense en marchant. En me promenant je recueille des impressions, je glane l’air frais et mets des mots dessus. Quel mot définirait le mieux cette légèreté que je ressens ou au contraire ce poids mort que je sous-tends ? Tout ça pendant des heures à l’obsession. Ressentir dans la solitude de mes promenades ne me suffit pas : je dois partager, être productif.

« T’as booké un graphiste ? », « On respecte pas le planning là », « Sur ce projet on fait trop peu de marge ». La journée je ne peux penser à mes récits, à mes bons mots et à ces petits bouts de papier. Mon temps de cerveau disponible est occupé par mon boulot ; ce qui est plutôt rassurant pour mes patrons.

En revanche j’y pense le soir en rentrant. Aussitôt rentré dans le métro, je cherche une place assise pour ne blesser personne avec mon stylo. Le cerveau en compote, je cherche encore à produire après dix heures de travail. Je ne m’arrête jamais. Car lorsque je m’arrête je meurs ; je déprime.

Lundi de Pâques, journée triste. Aucun métro, aucun doux mot. Aucune pression, aucun objectif. Le repos comme la petite mort. Ecrire me repose car me fait voyager, penser autrement, ordonner mes idées. Mettre des noms sur les belles choses n’est pas les étiqueter, ça permet de plus longtemps les aimer.

Alors oui je me mets la pression pour mes brouillons et oui j’en parle un peu plus que de raison. Mais si j’ai une passion c’est bien celle d’écrire, et elle mérite bien de s’y donner à fond.

3 avril 2008
TacTac

Le refus du résumé

J’ai l’impression d’être un garçon bizarre. Je me donne peut-être trop d’importance en me disant ça. Je cherche peut-être à me démarquer là où il n’y a pas de raison d’être, mais je ne peux m’empêcher de le penser. Et cela se reflète dans ma façon d’aborder un garçon.

Un garçon que j’aurais facilement ne pourrait m’intéresser. Il faudrait que je galère pendant des mois pour l’embrasser pour qu’il revête un caractère spécial à mes yeux, et surtout à ce machin, là, dans ma cage thoracique. Ce besoin de se dire que j’en ai chié pour le sentir dans mes bras ne provient pas d’un simple esprit de contradiction. Il ne faut pas se méprendre, à long terme une relation simple m’intéresse. Je ne m’intéresse pas qu’aux choses compliquées ; aux choses complexes un peu plus déjà. Aux choses qui prennent de la valeur dans tous les cas.
J’aimerais juste me dire que ces longs mois lui auront permis de m’apprécier et d’aller au-delà de ce vernis d’étrangeté que malgré moi j’aime me donner. C’est dans la durée que je suis plus fort, que j’aime et qu’on m’aime encore.

Voilà pourquoi je suis un piètre dragueur selon moi. Car je me vois dans l’impossibilité de résumer en quatre minutes ce que je suis, ce que je serai et ce que je pourrai être. Personne n’en est capable et pourtant je m’obstine à vouloir le faire. Alors tout devient brouillon pour mon interlocuteur, je semble confus et finalement assez étrange comme garçon. Ce comportement est orgueilleux au demeurant. Le refus du résumé motivé par un sentiment de complexité et d’intérêt pour soi ne peut qu’être lui-même réducteur. Tout ça parce que je me refuse à montrer qu’une seule facette. Et finalement, à vouloir tout montrer, je déstabilise et je me plante.

J’ai encore beaucoup de choses à apprendre.

2 avril 2008
TacTac

Les walkyries du métro

On aime tous une brute. Le pied dans la face. Le visage écrasé par l’humiliation.

A ma gauche est assis un kaki-ranger. Crâne rasé. Regard métallique. Mais ça reste un homme, une forme d’intelligence comme on dit des extra-terrestres. A quoi vois-je cela ? A son iPod accroché à sa taille.

Il a l’air calme maintenant. Beaucoup plus que lorsqu’il est entré dans la rame. J’ai cru qu’il lisait par-dessus mon épaule mais que nini : il est absorbé dans ses pensées. La musique est douce à ses oreilles. C’est peut-être de la musique progressiste de la nouvelle scène berlinoise mais cela semble l’apaiser. Ou peut-être du Wagner, sûrement les walkyries dans le métro ce matin.

1 avril 2008
TacTac

La trahison des vieux garçons

Oui, je trahis des amis.
La nuit je mens et je mens à mes amis. Je leur dis que je vois d’autres amis qu’ils ne connaissent pas. Tout ça pour aller baiser. Tout ça pour compenser quelque chose, quelque chose qui m’est inconnu car je ne veux pas le recevoir des bonnes personnes.

Je ne veux pas finir vieux garçon.
« Tu vas finir vieux garçon » m’a souvent répété ma mère. Et que je le veuille ou non, en étant homosexuel je ne peux finir que vieux garçon. Sans enfant, sans petits enfants à promener le dimanche après-midi aux Buttes Chaumont je ne peux que finir vieux garçon.
L’adoption pour ne pas finir vieux garçon.

Je vais finir vieux garçon car je veux tout ou rien. Il y a plus de chances que j’ai rien.
Tout ça parce que je trahissais ceux que j’aimais.

31 mars 2008
TacTac

Les gens d’en face

Les gens d’en face sont dans une vitrine, ou enfermés dans un miroir. J’hésite encore.

Un enfant qui tournoie, deux mecs assis sur leurs valises, un black élégant au fuck-in-town de médecin de campagne, une femme qui passe sa main dans ses cheveux, des milliers de cas à décrire et à reproduire ; jusqu’à en faire des millions.

« Veuillez attendre le prochain train. Veuillez attendre le prochain train. »
Le RER A se vide de ses voyageurs désabusés et mon quai de Charles de Gaulle se noircit. L’appel du 18 mars de Colombey-les-Doux-Débiles. Je ne vois plus rien du quai d’en face et j’imagine que d’autres se réjouissent de ce festin visuel. Des milliers de corps à scruter et à dévisager. Un plaisir voyeuriste à son apogée si on n’est pas agoraphobe.
Ou alors n’y aurait-il que moi tripper sur les inconnus du métro ? Toi ? Vous ? Je ne pense pas être l’unique merci beaucoup.

30 mars 2008
TacTac

Les aventures de TacTac (11)

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29 mars 2008
TacTac

Les aventures de TacTac (10)

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28 mars 2008
TacTac

A l’échafaud

On se regardait droit dans les yeux sans parler. Pas longtemps, car il était timide et déviait vite le regard.
On se regardait droit dans les yeux puis on regardait par la fenêtre. On regarder défiler Viroflay, Chaville et Sèvres. Des maisons, des arbres et des ponts, ce qui fait une ville quand les rues sont vides. Vitres embuées ou vitres taggées, le trajet était le même : monotone et menaçant. Car au-delà des petites maisons souriantes sourdaient les tombes béantes. Les froides tombes qui exigent au corps d’y tomber.
Avec Nicolas nous contemplions et rarement nous parlions. Prendre le train pour aller en prépa était ça : le chemin vers l’échafaud que la victime prend au matin.